Veille de l'emploi
NOTE D'ANALYSE
5 min

Deux fois plus de chômeurs sans diplôme que d'emplois disponibles pour eux

Regard sur les postes vacants

Rapport
16 décembre 2025

Plus de chômeurs, moins de postes vacants

  • Au troisième trimestre de 2025, on dénombrait environ 112 000 postes à pourvoir au Québec. Un niveau bien plus faible que le sommet atteint au lendemain de la pandémie (233 000 en moyenne en 2022). À pareille date en 2022, plus du tiers des postes à combler ne requérait aucune formation (graphique 1). Le départ de nombreux travailleurs des secteurs de services de proximité comme la restauration et l’hébergement et la demande retrouvée pour ces services avait créé des déséquilibres entre le besoin pour ces travailleurs et leur disponibilité.

  • En 2023 et 2024, le ralentissement économique et la croissance record de la population ont largement contribué à effacer ou à combler ces postes. En conséquence, s’il y avait deux fois plus de postes à pourvoir ne requérant aucune scolarité que de chômeur sans diplôme en 2022, la situation s’est inversée depuis. Il y a maintenant presque deux fois plus de chômeurs sans diplômes que de poste ne requérant aucune scolarité (graphique 2).

Graphique 1

Plus difficile pour les diplômés universitaires de trouver un emploi qui correspond à leur niveau formation

  • Pour les emplois requérant un diplôme universitaire (niveau baccalauréat ou supérieur), il y a depuis longtemps davantage de chômeurs que de postes à combler mais cet écart s’est creusé depuis 2022. Ceci s’explique principalement par le fait que l’immigration temporaire a gonflé la population active parmi les étudiants postsecondaires et les détenteurs de permis de travail postdiplôme, alors que l’économie ralentissait. Au troisième trimestre de 2025, pour chaque poste vacant requérant un tel diplôme au Québec, il y a 4,2 travailleurs à la recherche d’un emploi (1,8 en 2022).

  • Une partie de cet écart pourrait se résorber dans les prochaines années avec le ralentissement de l’immigration. Une reprise économique réanimerait aussi l’appétit des employeurs pour l’embauche de jeunes diplômés. Depuis quelques mois, certains s’inquiètent toutefois des menaces de l’intelligence artificielle sur l’automatisation des emplois, alors qu’elle se révèle particulièrement efficace pour remplacer les compétences de jeunes diplômés. Ceux-ci seraient disproportionnellement impactés dans le secteur des technologies et de l’information alors que les entreprises cherchent à couper leurs coûts. Il reste à voir si la baisse de ces opportunités d’emploi se généralisera à d’autres secteurs.

Graphique 2

Les postes vacants au troisième trimestre de 2025

Les chiffres en bref

  • Postes vacants : 111 575 (-2 010 en un trimestre)

  • Taux de postes vacants : 2,8 % (2,8 % le trimestre précédent)

  • 2,5 chômeurs par poste vacant (2,6 le trimestre précédent)

Secteurs avec le plus de postes vacants :

  • Santé et assistance sociale (27 975)

  • Fabrication (12 175).

Régions au plus haut taux de postes vacants :

  • Estrie (4,2 %)

  • Abitibi-Témiscamingue (4,2 %)

Graphique A
Graphique B
Graphique C
Graphique D

Précisions sur l’Enquête sur les postes vacants et les salaires (EPVS)

L’Enquête sur les postes vacants et les salaires (EPVS) produit, depuis février 2015, des estimations trimestrielles du nombre de postes vacants et de leur répartition par secteur, profession et région économique. Un poste est vacant s’il satisfait aux trois conditions suivantes : il est vacant à la première journée du mois ou le deviendra au cours du mois, il y a des tâches à accomplir durant le mois pour le poste en question et l’employeur cherche activement à recruter à l’externe pour pourvoir ce poste. La demande de travail correspond à la somme du nombre de personnes occupées et de postes vacants. Le taux de postes vacants représente le nombre de postes vacants par rapport à la demande de travail.

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