Veille de l'emploi
NOTE DE L'EMPLOI
4 min

Des salaires qui augmentent rapidement, malgré le ralentissement économique

Note de l'emploi - octobre 2025

Rapport
7 novembre 2025

Perspective

Jusqu’en 2024, la croissance des salaires était poussée en grande partie par la compétition que se menaient les entreprises pour attirer des talents rares : les salaires offerts pour les postes vacants avoisinaient des sommets historiques et beaucoup de secteurs peinaient encore à recruter. Il est clair que les choses ont changé : les postes vacants vont en diminuant et le PIB s’est contracté. Alors comment expliquer que les salaires augmentent encore aussi rapidement?

Une croissance des salaires qui continue de surprendre

Le salaire horaire moyen a crû de 4,3 % en octobre sur une base annuelle, si bien que la croissance des salaires dépasse l’inflation depuis janvier 2024 (graphique 1). Pour mettre ces chiffres en perspective, il faut se rappeler que les salaires ont crû annuellement de 2,5 % en moyenne entre 2015 et 2019.

Les conditions salariales des travailleurs n’avancent peut-être pas au même rythme que ce qui était observé en sortant de la pandémie, mais elles avancent à une vitesse à laquelle le marché du travail n’est historiquement pas accoutumé. Aussi, elles avancent plus que ce à quoi s’attendaient les employeurs. L’an dernier, l’Ordre des conseillers en ressources humaines agréés observait que les employeurs prévoyaient accorder des augmentations salariales de 3,3 % en 2025. Or, depuis décembre, les salaires ont déjà augmenté de 3,9 %.

Ce sont les secteurs bien rémunérés qui génèrent l’emploi présentement

Dans les douze derniers mois, l’entièreté des nouveaux emplois dans l’économie ont été créés dans les secteurs bien rémunérés (graphique 2). Nous considérons que les secteurs bien rémunérés sont simplement ceux où le salaire horaire moyen des employés est supérieur à la moyenne québécoise. Dans les établissements de la finance, des assurances, des services immobiliers et de location, par exemple, il s’est ajouté plus de 42 700 emplois depuis octobre dernier.

Comme il s’agit d’une moyenne, le salaire horaire étudié ne dépend donc pas seulement des augmentations octroyées aux personnes déjà employées. Il dépend aussi des salaires des nouveaux employés. Ainsi, parce que nous observons des secteurs à haut salaire embaucher de manière importante, cela fait augmenter le salaire moyen dans l’économie par effet de composition.

Toutefois, les travailleurs ne se trouvent pas forcément dans une meilleure situation financière aujourd’hui qu’il y a un an. Au-delà de la hausse surprenante des salaires, le Québec observe aussi un léger rebond de l’inflation récemment, essentiellement lié aux loyers. Ainsi, lorsqu’elle est corrigée pour la hausse du coût de la vie, la croissance des salaires n’est plus aussi remarquable.

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En bref

Vigueur du marché du travail

  • Taux de chômage : 5,3% (5,7 % le mois dernier, 5,7 % il y a un an)

  • Emplois de plus ce mois : +11 500 (+65 200 en un an)

  • Emplois privés de plus ce mois : +17 500 (+22 600 en un an)

  • Chômeurs de moins ce mois: -22 200 (-19 900 en un an)

  • Population active de moins ce mois : -10 700 (+45 300 en un an)

Qualité des emplois

  • Emplois à temps plein perdus ce mois  : -8 700 (+7 500 en un an)

  • Temps partiel involontaire  : 42 400 (+8 400 en un an)

  • Emplois bien rémunérés ce mois  : -500 (+67 900 en un an)

  • Variation annuelle des salaires : +4,3 % (+3,9 % le mois dernier)

Graphique 1
Graphique 2
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