Veille de l'emploi
NOTE DE L'EMPLOI
5 min

Baisse de lemploi dans les postes dentrée en TI

Note de l'emploi - septembre 2025

Rapport
10 octobre 2025

Perspective

Après la forte hausse des besoins en travailleurs des technologies de l'information (TI) durant la pandémie -passage au télétravail, commerce en ligne, divertissement à distance -, la demande semble s’être essoufflée aux États-Unis comme au Canada.

Ce ralentissement s'explique notamment par un rééquilibrage des effectifs dans les entreprises qui ont fortement embauché, mais également le ralentissement de l’économie sous le coup de la hausse des taux d’intérêt, puis des tensions commerciales avec les États-Unis. À cela s’ajoutent au Québec, des changements dans les crédits d’impôt pour les jeux vidéo et effets visuels embauchant des professionnel TI en grand nombre.

Ce ralentissement a coïncidé avec l’arrivée de ChatGPT (en novembre 2022), qui a démocratisé l’accès aux IA génératives. Cela a entraîné la transformation de nombreux emplois, en particulier dans le domaine des technologies de l’information, rendant par exemple le codage et la résolution de problèmes techniques plus faciles.

Pour mieux comprendre comment a évolué l’emploi en TI au Québec, nous avons observé l'évolution de l’emploi pour 26 métiers des technologies de l’information tous secteurs confondus, car ces spécialistes sont désormais aussi présents dans diverses industries que dans le secteur technologique lui-même (voir encadré 1).

Une baisse des postes d’entrée en TI

Entre 2022 et 2025 (8 premiers mois), les emplois en TI ont stagné (-3 600 emplois ou -1%), tandis que les emplois dans les autres secteurs de l’économie québécoise ont crû de 6% en moyenne durant la même période.

Mais c’est surtout une baisse des postes d’entrée qui est en cause : l’emploi des jeunes (15-29 ans) professionnels en TI a diminué de 18 % (- 11 000 postes) tandis que l’emploi pour les professionnels en TI plus établis (30 ans et plus) a légèrement augmenté (+7 400 emplois ou 3%).

Cette baisse de l'emploi dans les postes d'entrée en TI contraste avec la situation des jeunes dans l'ensemble de l'économie, qui ont plutôt bénéficié d'une modeste croissance de l'emploi (6%). Cet écart peut s’expliquer par le fait que la croissance de l’emploi depuis 2022 s’est concentrée dans un nombre restreint de secteurs, tels que la santé et l’enseignement, qui recrutent un nombre plus restreint de professionnels en TI.

Des pertes pour les techniciens de réseau informatique et les développeurs

Depuis 2022, les jeunes professionnels de l’informatique ont connu des pertes d’emploi dans plusieurs domaines, notamment les techniciens de réseau informatique et Web, les développeurs et programmeurs de systèmes informatiques, les ingénieurs et concepteurs en logiciel, les spécialistes en informatique, les développeurs et programmeurs Web, ainsi que les évaluateurs de systèmes informatiques (voir le graphique 2).

À l’inverse, certains métiers en TI ont connu une croissance de l’emploi pour les jeunes. On pense entre autres aux technologues et techniciennes en génie électrique et électronique, aux concepteurs et aux conceptrices Web, aux agents et agentes de soutien aux utilisateurs et aux spécialistes de la cybersécurité.

L’IA est-elle en cause?

Le ralentissement de l'emploi en TI s'explique par diverses causes, mais on ne peut écarter la possibilité que l'IA générative freine davantage les recrutements pour les postes d'entrée.

L'IA se révèle particulièrement efficace pour remplacer les compétences académiques des jeunes diplômés, rendant naturellement les jeunes plus vulnérables sur le marché du travail. À cela s’ajoute le fait que les professions en TI sont, selon plusieurs évaluations, fortement facilitées sinon remplaçables par l'IA.

Certains chercheurs considèrent que ces postes d'entrée sont « les canaris dans la mine », signalant un potentiel d'automatisation pour d'autres métiers à l'avenir. Cependant, la véritable vulnérabilité sur le marché de l'emploi ne se limite pas au risque d'automatisation, mais inclut aussi la capacité à se repositionner professionnellement. Dans ce contexte, l'éducation et la formation continue demeurent des protections essentielles pour se replacer.

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En bref

Vigueur du marché du travail

  • Taux de chômage : 5,7% (6,0 % le mois dernier, 5,5 % il y a un an)

  • Emplois de moins ce mois : -4 700 (+59 800 en un an)

  • Emplois privés de moins ce mois : -42 300 (+16 200 en un an)

  • Chômeurs de moins ce mois: -13 900 (+15 800 en un an)

  • Population active de moins ce mois : -18 600 (+75 500 en un an)

Qualité des emplois

  • Emplois à temps plein créés ce mois  : +21 400 (+41 700 en un an)

  • Temps partiel involontaire  ce mois : +900 (+5 000 en un an)

  • Emplois bien rémunérés ce mois  : -6 300 (+83  000 en un an)

  • Variation annuelle des salaires : +3,9 % (3,7 % le mois dernier)

Graphique 1
Graphique 2
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