Veille de l'emploi
NOTE D'ANALYSE
7 min

Dans plusieurs régions du Québec, la main-d'œuvre disponible a diminué

Regard sur les postes vacants - Quatrième trimestre de 2025

Rapport
23 mars 2026

La disponibilité de main-d’œuvre s’est affaiblie dans plusieurs régions du Québec

Le nombre de chômeurs par poste vacant par région du Québec permet de mesurer la disponibilité de main-d’œuvre. Le principal constat est que dans 9 régions sur 17 (les données regroupant la Côte-Nord et le Nord-du-Québec), la disponibilité de main d’œuvre a diminué. C’est notamment le résultat d’une baisse du nombre de travailleurs, causée par le recul de l’immigration temporaire au Québec.

Résultat, dans plusieurs régions, le ratio de chômeurs par poste vacant a diminué, notamment en Mauricie (passant de 2,1 à 1,0), dans la Capitale-Nationale (1,8 à 1,5), dans Chaudière-Appalaches (1,5 à 1,2) et dans le Centre-du-Québec (de 2,0 à 1,2).

Le ratio chômeurs par poste vacant a plutôt augmenté dans d’autres régions, en premier lieu en Outaouais (passant de 3,5 à 6,9) et à Laval (3,1 à 4,3) . Dans ces deux régions administratives, le ratio était relativement élevé et la situation s’est détériorée (graphique 1). Ces hausses du ratio s'expliquent par une augmentation du nombre de chômeurs : les chômeurs sont passés de 13 200 à 16 900 en Outaouais et de 13 500 à 16 800 à Laval. La région de Montréal (île de Montréal) a au contraire enregistré une baisse de ses chômeurs (de 107 100 à 89 200).

Graphique 1
Graphique 2

En 2025, la demande en main-d’œuvre s’est maintenue

Cette édition du Regard sur les postes vacants fait le point sur l'incidence des droits de douane sur la demande de main-d'œuvre exprimée par les entreprises, et par ricochet, sur la disponibilité de la main-d'œuvre pour pourvoir les postes disponibles — le tout dans un contexte de ralentissement de la croissance démographique.

Au quatrième trimestre de 2025, on dénombrait 118 650 postes à pourvoir au Québec, en hausse de 4,7 % par rapport au trimestre précédent. Cette progression doit toutefois être nuancée : le nombre de postes vacants a oscillé au cours des trois derniers trimestres, de sorte qu'il demeure inférieur de 7,6 % au niveau enregistré un an plus tôt. Dans ce contexte, la demande totale de main-d'œuvre — soit la somme des postes occupés et des postes vacants — a progressé au quatrième trimestre (+24 125 ; +0,6 %), portée à la fois par la hausse des postes vacants et par la croissance de l'emploi salarié (+18 780 ; +0,5 %).

Le taux de postes vacants — qui exprime le nombre de postes vacants en proportion de la demande totale de main-d'œuvre — s'est établi à 3,0 % au quatrième trimestre de 2025. À l'instar du nombre de postes vacants, cet indicateur a fluctué au cours des trois derniers trimestres et demeure inférieur à son niveau d'il y a un an (3,2 %).

Le ratio chômeurs-postes vacants — soit le nombre de chômeurs par poste vacant — a fléchi, passant de 2,5 au troisième trimestre à 2,2 au quatrième trimestre de 2025. Ce recul s'explique principalement par la diminution du nombre de chômeurs, qui s'établit à 257 000 au quatrième trimestre (en moyenne mobile sur trois mois). Cette baisse s'inscrit dans un mouvement de correction après le sommet atteint en juin 2025, moment où les droits de douane et l'incertitude économique avaient exercé des pressions à la hausse sur le chômage.

Au niveau sectoriel, les tensions sont contrastées. Les soins de santé et l'assistance sociale demeurent le secteur avec le plus haut taux de postes vacants (4,8 %), malgré une baisse marquée par rapport au T4 2024 (6,3 %). Les services d'hébergement et de restauration suivent une trajectoire similaire, avec un taux en légère baisse (de 3,5 % à 3,3 %). À l'opposé, plusieurs secteurs voient leurs besoins de main-d'œuvre s'intensifier. Les autres services (p. ex. : services de proximité tels que les salons de coiffure, les ateliers de réparation, etc.) affichent désormais le deuxième taux le plus élevé au Québec (3,8 %, contre 3,3 % un an plus tôt). La construction (de 2,3 % à 2,8 %) et la fabrication (de 2,5 % à 2,7 %) enregistrent également des hausses notables.

Sur le plan pancanadien, le Québec se distingue par la disponibilité de main-d'œuvre la plus faible de toutes les provinces. La comparaison avec l'Ontario est particulièrement révélatrice : alors que le nombre de postes vacants a reculé de 2,1 % en Ontario au dernier trimestre, il a progressé de 4,7 % au Québec. Quant au ratio chômeurs-postes vacants, il est nettement plus élevé en Ontario (4,1) qu'au Québec (2,2) — ce dernier affichant d'ailleurs le ratio le plus faible à l'échelle canadienne, reflet d'un nombre de chômeurs proportionnellement moins élevé que dans le reste du pays.

Regard sur les postes vacants - Quatrième trimestre de 2025

Les chiffres en bref

  • Postes vacants : 118 650 (+5 345 en un trimestre)

  • Taux de postes vacants : 3,0 % (2,8 % le trimestre précédent)

  • 2,2 chômeurs par poste vacant (2,5 le trimestre précédent)

Secteurs avec le plus de postes vacants :

  • Santé et assistance sociale (28 335)

  • Fabrication (12 210).

Régions au plus haut taux de postes vacants :

  • Mauricie (4,3 %)

  • Estrie (4,1 %)

Graphique A
Graphique B
Graphique C
Graphique D

Précisions sur l’Enquête sur les postes vacants et les salaires (EPVS)

L’Enquête sur les postes vacants et les salaires (EPVS) produit, depuis février 2015, des estimations trimestrielles du nombre de postes vacants et de leur répartition par secteur, profession et région économique. Un poste est vacant s’il satisfait aux trois conditions suivantes : il est vacant à la première journée du mois ou le deviendra au cours du mois, il y a des tâches à accomplir durant le mois pour le poste en question et l’employeur cherche activement à recruter à l’externe pour pourvoir ce poste. La demande de travail correspond à la somme du nombre de personnes occupées et de postes vacants. Le taux de postes vacants représente le nombre de postes vacants par rapport à la demande de travail.

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