Veille de l'emploi
NOTE DE L'EMPLOI
4 min

Une forte saison estivale amortit les pertes d'emplois dans le secteur privé

Note de l'emploi - juillet 2026

Rapport
7 août 2026

Perspectives

L’emploi au Québec qui a progressé de 13 000 emplois en mai puis de 14 000 en juin, est demeuré stable en juillet, alors que le taux de chômage est remonté à 5,6 %. Cette reprise au début de l’été a ainsi permis d’amortir une partie du recul observé depuis le début de l’année, sans toutefois l’effacer : en juillet 2026, le Québec comptait encore 28 000 emplois de moins qu’en juillet 2025.

L’emploi a chuté par rapport à l’été dernier dans plusieurs industries touchées par le ralentissement économique et les tensions géopolitiques, notamment le commerce de gros (-27 000 emplois, en comparant la moyenne de mai à juillet 2026 à celle de la même période en 2025), la finance et les assurances (-17 000), la fabrication (-11 000) et la construction (-11 000) (graphique 1).

Ces pertes d’emploi importantes dans le secteur privé ont été partiellement compensées par une croissance principalement concentrée dans les secteurs de services liés aux dépenses des ménages et des visiteurs: l’hébergement et la restauration (+16 000 emplois,) et le commerce de détail (+15 000). En effet, les dernières données disponibles indiquent que la consommation des ménages s’est maintenue en mai 2026 malgré une baisse de confiance chez les consommateurs.  

Une demande soutenue dans ces secteurs liés à la consommation pourrait s’expliquer en partie par un tourisme intérieur plus important depuis le retour de l’administration Trump. Depuis le deuxième trimestre de 2024, les dépenses des Québécois en voyage à l’étranger sont demeurées nettement inférieures à celles des non-résidents en visite au Québec. Une saison touristique plus longue et intense qu’à l’habitude pourrait aussi avoir soutenu l’activité : déplacement du Grand Prix de Montréal en mai, parcours prolongé des Canadiens en séries ou encore Coupe du Monde FIFA 2026.

Un marché du travail qui reste difficile, des emplois d’été qui dépannent

Le marché des emplois d’été a été plus favorable aux étudiants retournant aux études en septembre qu’en 2025. Toutefois, ces postes peuvent aussi constituer une option de repli pour certains jeunes diplômés, faute de meilleures perspectives dans les domaines visés.

L’emploi des jeunes de 20 à 29 ans a reculé de 4 % dans les secteurs professionnels en 2026 par rapport à la période estivale de 2025 (graphique 2). Encore plus frappant dans le secteur de la finance et de l’assurance, l’emploi a fondu de 19% auprès du même groupe d’âge à la même période.

Il est donc fort probable que les jeunes diplômés peinent à se trouver un emploi dans leur domaine, au bénéfice des secteurs du commerce de détail et de la restauration et l’hébergement. Ces emplois semblent dépanner pour le moment, mais si la saison estivale a fait en sorte de prévenir une hausse plus prononcée du chômage des jeunes, il reste à voir comment ces indicateurs progresseront au courant de l’année.

Graphique 1
Graphique 2

Les chiffres en bref

Vigueur du marché du travail

  • Taux de chômage : 5,6 % (5,4 % le mois dernier, 5,5 % il y a un an)

  • Chômeurs : +11 100 ce mois-ci (+3 300 en un an)

  • Emplois total : +700 ce mois-ci (-27 800 en un an)

  • Emplois privé : -9 600 ce mois-ci (-41 600 en un an)

  • Population active : +11 700 ce mois-ci (-24 600 en un an)

Qualité des emplois

  • Emplois bien rémunérés : -1 600 ce mois-ci (-30 600 en un an)

  • Emplois à temps plein : +29 300 ce mois-ci (-46 800 en un an)

  • Temps partiel involontaire : 49 800 (+5 200 en un an)

  • Salaires (variation annuelle) : +3,4 % (+4,7 % le mois dernier)

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