Développement économique
RAPPORT
59 min

Comparer Montréal

12 métropoles nord-américaines à l’étude

Rapport
Communiqué de presse
Annexe - Tableaux de données
29 octobre 2025

En bref

Montréal se distingue par sa qualité de vie exceptionnelle et ses coûts d'exploitation avantageux. Cependant, des améliorations sont nécessaires en matière d'innovation. Sur le plan environnemental, sa performance a été affectée par la mauvaise qualité de l'air liée aux feux de forêt. La métropole présente également un retard significatif dans les domaines de l'activité économique et du capital humain.

Au fil des ans, nous avons amélioré notre méthode de comparaison en ajustant les indicateurs et les métropoles étudiées, afin de refléter l'évolution de la concurrence pour les investissements. En analysant les mêmes indicateurs pour notre groupe actuel de comparaison, on constate une relative stabilité dans le classement de Montréal depuis 2014, avec toutefois des progrès notables en innovation, alors qu’elle a grimpé d’une place. Pour ce qui est de la qualité de vie, Montréal reste en peloton de tête, malgré la perte d’une place au classement. Montréal reste dans la course avec les métropoles les plus performantes, mais peine à dépasser ses concurrentes qui, souvent, avancent plus rapidement.

Activité économique : le retard perdure

  • Les trois grandes métropoles canadiennes – Toronto, Vancouver et Montréal – se classent derrière leurs homologues américaines en matière de revenu disponible et de productivité, ce qui reflète l'écart économique persistant entre le Canada et les États-Unis.

  • Surtout, l’écart se creuse entre le Canada et les États-Unis depuis 10 ans : le revenu disponible des ménages par habitant a augmenté en moyenne de 1,1 % par an à Montréal et de 1,0 % à Toronto et à Vancouver, alors qu’il a crû de 1,8 % dans les principales métropoles sélectionnées.

  • Cependant, Montréal bénéficie d’un marché du travail dynamique et affiche le 4e taux d’emploi le plus élevé du classement. Cette performance s’explique en partie par la rareté de main-d’œuvre liée à un vieillissement de la population plus marqué qu’ailleurs.

  • Cette amélioration récente sur le marché du travail permet à Montréal de maintenir son 11e rang en développement économique, devant Toronto.

  • Signe encourageant pour la productivité : bien que les métropoles américaines progressent plus rapidement que leurs homologues canadiennes, Montréal surpasse Toronto et Vancouver à ce chapitre, ce qui suggère qu'elle pourrait réduire l'écart à l'avenir.

Capital humain : un enjeu central, sous pression

  • Depuis 2014, Montréal a vu sa proportion d'adultes (25-64 ans) détenant un diplôme universitaire augmenter significativement, pour atteindre 43 %. Cette progression demeure toutefois insuffisante face aux métropoles américaines, où le taux a grimpé plus rapidement, soit jusqu'à 51 %. Contrairement à Montréal, Toronto et Vancouver (52 %) ont entièrement comblé leur écart avec les États-Unis.

  • Le retard de Montréal s'explique par une plus faible fréquentation universitaire. Depuis 2014, le nombre d'étudiants universitaires au Québec s’est accru de seulement 3 %, alors qu'il a augmenté de 13 % en Ontario et de 7 % en Colombie-Britannique

  • Ce retard s’explique également par un apport moindre de l'immigration qualifiée. À Montréal, les immigrants, qui représentent 33 % de la population, constituent 38 % des diplômés universitaires, rehaussant ainsi la moyenne québécoise.

  • Les métropoles canadiennes misent tout particulièrement sur ces nouveaux arrivants, avec un taux d’immigration nette de 3,4 % pour Montréal et 4,8 % en moyenne pour Toronto et Vancouver contre 1,1 % pour les métropoles américaines.

  • Les récentes diminutions de l'immigration, tant au Québec qu'au Canada, menacent directement cet apport stratégique, tout comme les restrictions visant les étudiants internationaux qui forment un vivier important de talents.

  • Paradoxalement, les immigrants permanents, plus qualifiés que la moyenne québécoise, font face à un taux de chômage plus élevé. L'écart entre les natifs et ces immigrants est plus prononcé à Montréal qu'à Toronto, à Vancouver ou dans les métropoles américaines, ce qui reflète des difficultés particulières d'intégration au marché de l'emploi.

  • Par contre, Montréal a réussi à réduire la part des personnes qui ne détiennent pas de diplôme d’études secondaires, ce qui la place en milieu de peloton. Elle en compte cependant davantage que Toronto et Vancouver.

Des coûts d’exploitation avantageux

  • Montréal se classe au 1er rang en matière de coûts d'exploitation, devant Toronto (3e) et Vancouver (5e).

  • La métropole québécoise bénéficie de coûts énergétiques très avantageux (elle est en première place pour l'électricité [tarifs de grande puissance] et en deuxième pour le gaz), ainsi que de coûts de location d’espaces industriels et de bureaux parmi les plus bas des métropoles analysées.

  • La main-d'œuvre, notamment de niveau universitaire, est accessible à des conditions salariales concurrentielles: le salaires médian d’un titulaire d’un baccalauréat est de 56 974 $ à Montréal contre 59 274 $ à Toronto et Vancouver, et 72 609 $ dans les grandes villes américaines.

  • Sur le plan de l’impôt des sociétés, Montréal est au 5e rang, à égalité avec Toronto.

Innovation : en progression

  • Au chapitre de l’innovation, Montréal se classe au 7ᵉ rang, soit une place de plus qu'en 2014, principalement grâce à une augmentation de la disponibilité du capital de risque.

  • En effet, celle-ci s'est améliorée au cours de la dernière décennie, tant au chapitre du nombre que du montant des transactions. Cependant, l'écosystème de capital de risque reste moins dynamique que celui des autres métropoles.

  • La proportion de la main-d’œuvre dans les secteurs d’avenir demeure plus élevée à Montréal qu'ailleurs au Canada et aux États-Unis. Cependant, la forte progression à Toronto et à Vancouver pourrait menacer la position de Montréal.

  • Malgré une progression similaire à Toronto et Vancouver (+22 % en 10 ans), Montréal continue de former moins de diplômés en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM) par 100 000 habitants.

Qualité de vie : un avantage comparatif encore solide

  • Depuis la toute première édition de cette étude, Montréal s’illustre pour sa qualité de vie, se classant en peloton de tête grâce à des attributs qui lui sont propres, mais aussi à certaines particularités canadiennes partagées avec Toronto et Vancouver.

  • Montréal demeure la métropole la plus abordable du groupe pour se loger. Bien que la part du revenu consacrée au loyer soit passée de 10,9 % à 13,3 % entre 2020 et 2025, elle reste plus faible qu’à Toronto (16,4%) et à Vancouver (17,8%). Notons toutefois que cet avantage s'érode progressivement.

  • De plus, la métropole québécoise affiche un taux d’homicides particulièrement faible (1,19 pour 100 000 habitants), bien inférieur à la moyenne américaine (9,6).

  • Son tissu culturel reste dynamique, alors que près de 6 % des emplois qu’on y retrouve sont dans les secteurs des arts, de la culture et des communications.

  • Montréal souffre cependant d’une congestion routière importante (en 9e position du classement, avec 58 heures perdues/an), un irritant majeur pour la population et les entreprises.

Environnement : de nouveaux défis

  • Montréal se classe au 8e rang dans la catégorie environnement, un résultat qui la place loin derrière des métropoles comme Seattle, Vancouver et New York.

  • Sa principale faiblesse se trouve dans sa qualité de l’air, pour laquelle elle décroche le dernier rang. Cet indicateur est notamment influencé par des facteurs externes imprévisibles et incontrôlables, comme les feux de forêt.

  • En matière de transport collectif, Montréal affiche une performance moyenne (6ᵉ rang), et est devancée par Toronto et Vancouver. Elle se démarque toutefois par son accessibilité pour les piétons et les cyclistes.

  • Enfin, pour la superficie de ses espaces verts, Montréal se situe sous la moyenne (8ᵉ rang), avec un pourcentage de couverture forestière inférieur à celui de Vancouver et de plusieurs autres métropoles américaines.

À propos

Institut du Québec

L’Institut du Québec (IDQ) est un organisme à but non lucratif qui axe ses recherches et ses études sur les enjeux socioéconomiques auxquels le Québec fait face. Il vise à fournir aux autorités publiques et au secteur privé les outils nécessaires pour prendre des décisions éclairées, et ainsi contribuer à bâtir une société plus dynamique, compétitive et prospère.

Ce rapport a été préparé par Jean-Baptiste Vallantin-Dulac avec la collaboration de Emna Braham, Simon Savard, Alain Dubuc et Souleima El Achkar

Chambre de commerce du Montréal métropolitain

Forte d’un réseau de 8 000 membres, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (ci-après « la Chambre ») agit sur trois fronts : elle porte la voix du milieu des affaires de la métropole, offre des services spécialisés aux entreprises et à leurs employés et mène des initiatives d’impact pour renforcer l’environnement d’affaires. Depuis 200 ans, elle intervient dans des dossiers déterminants pour la prospérité des entreprises et de la métropole. Avec l’appui de ses spécialistes, la Chambre vise à accélérer la création et la croissance des entreprises de toutes tailles, ici et à l’international. 

Montréal International

Montréal International (MI) est un organisme sans but lucratif financé par le secteur privé, les gouvernements du Québec et du Canada, la Communauté métropolitaine de Montréal et la Ville de Montréal. MI a comme mandat d’attirer et de retenir dans la région métropolitaine des investissements étrangers (entreprises et startups), des organisations internationales ainsi que des travailleurs qualifiés en leur offrant des services d’accompagnement adaptés à leurs besoins.

Pourquoi ce rapport?

Il y a 10 ans, l’Institut du Québec, en partenariat avec la Chambre de commerce du Montréal métropolitain et Montréal International, amorçait un exercice ambitieux : comparer Montréal à des métropoles nord-américaines avec lesquelles elle est en concurrence pour attirer des investissements, afin de mieux comprendre où elle se démarque et où l’on peut faire mieux.

Dix ans plus tard, nous poursuivons cet exercice. Cette année, Montréal est comparée à 11 métropoles nord-américaines, selon 6 grandes catégories : l’activité économique, le capital humain, l’innovation, la qualité de vie, l’environnement et les coûts d'exploitation.

La métropole québécoise a-t-elle comblé ses retards ou creusé ses écarts au cours de la dernière décennie ? A-t-elle accru ses forces ou accentué ses faiblesses ? Ce rapport propose une lecture historique des grandes tendances économiques du Grand Montréal.

Par ailleurs, ce bilan est présenté à un moment charnière, soit à l’approche des élections municipales de novembre 2025 – un rendez-vous qui marquera l’avenir de Montréal avec l'arrivée d'un nouveau leadership dans les villes de la région métropolitaine – et dans un contexte géopolitique incertain, marqué par la concurrence internationale et les tensions commerciales avec les États-Unis. Mieux comprendre les avantages comparatifs de Montréal, c’est aussi mieux outiller ceux qui y vivent, y investissent ou envisagent de s’y installer.

Méthodologie

  • La présente analyse compare la performance de Montréal à celle de 11 autres métropoles nord-américaines : 2 canadiennes (Toronto et Vancouver) et 9 américaines (Atlanta, Austin, Boston, Denver, New York, Philadelphie, San Diego, San Francisco et Seattle). Ces métropoles ont été choisies parce qu’elles sont en concurrence directe avec Montréal pour l’attraction des talents, des investissements et des entreprises. Cette sélection a été réalisée en collaboration avec MI et la CCMM, en tenant compte du fait que ces villes se retrouvent fréquemment, avec Montréal, parmi les finalistes pour divers projets d’investissement. La liste des métropoles comparées a d’ailleurs été ajustée au fil des années afin de refléter l’évolution des villes qui sont réellement en concurrence avec Montréal.

  • Le classement de chacune des six catégories (Activité économique, Capital humain, etc.) a été établi de la façon suivante. Une position située entre 1 (meilleure performance) et 12 (plus faible performance) a d’abord été attribuée à chaque métropole pour chacun des indicateurs. Le rang final d’une métropole pour une catégorie correspond ensuite à la moyenne simple de ses positions obtenues pour chaque indicateur, conférant ainsi une pondération égale à chacun.

  • Pour permettre une comparaison historique entre les métropoles canadiennes et américaines, les valeurs des indicateurs sont exprimées en dollars réels (pour tenir compte de l’inflation) et ajustées pour les parités de pouvoir d’achat. Cette correction s’applique uniquement aux indicateurs financiers; les autres indicateurs, qui ne sont pas exprimés en dollars, n'ont pas fait l'objet de tels ajustements.

Introduction

Les entreprises évoluent actuellement dans un contexte mondial marqué par l'incertitude économique, les tensions géopolitiques et les guerres commerciales. Les perspectives d'investissements des entreprises tant locales qu'internationales sont ébranlées par cette incertitude.

Cela dit, il ne faut pas céder au pessimisme. Les investissements à long terme se projettent déjà au-delà des turbulences actuelles. Montréal, tout comme les autres grandes métropoles nord-américaines, demeure dans la course. Mieux encore, dans un environnement perturbé, la stabilité sociale, politique et institutionnelle qu’offre la métropole québécoise pourrait représenter un véritable avantage concurrentiel, particulièrement dans les créneaux à forte valeur ajoutée.

Pour saisir cette opportunité, la métropole doit toutefois renforcer ses atouts fondamentaux, à commencer par son capital humain. Dix ans après la première édition de Comparer Montréal, la métropole a réalisé des progrès notables sur plusieurs fronts, mais elle se trouve aujourd’hui à un moment charnière : sa performance économique future dépendra largement de sa capacité à attirer, à former et à retenir les talents.

Ce défi n’est pas propre à Montréal. Partout en Amérique du Nord, les grandes métropoles doivent composer avec un changement de cap des gouvernements qui les dirigent. Tant au Canada qu’aux États-Unis, des mesures sont actuellement mises en place pour diminuer l’immigration. Si cette façon de faire peut contribuer à atténuer certaines pressions – notamment sur le logement –, elle risque aussi de freiner l’attraction de talents internationaux.

Le ralentissement appréhendé des investissements en enseignement supérieur s’avère également un signal préoccupant. Aux États-Unis, les politiques fédérales vont dans ce sens. Au Québec, le plan de retour à l’équilibre budgétaire du ministère des Finances prévoit une croissance des dépenses en enseignement supérieur plus faible que l’inflation pour les deux prochaines années, ce qui équivaut, en pratique, à un désinvestissement.

Pourtant, les métropoles qui prospèrent sont celles qui savent attirer les meilleurs talents, qu’ils viennent des régions environnantes ou de l’international. Dans un contexte de vieillissement démographique, cette capacité à renouveler le capital humain devient un avantage concurrentiel incontournable.

Activité économique

Ce qu'il faut retenir

  • Les trois grandes métropoles canadiennes – Toronto, Vancouver et Montréal – se classent derrière leurs homologues américaines en matière de revenu disponible et de productivité, ce qui reflète l'écart économique persistant entre le Canada et les États-Unis.

  • Surtout, l’écart se creuse entre le Canada et les États-Unis depuis 10 ans : le revenu disponible des ménages par habitant a augmenté en moyenne de 1,1 % par an à Montréal et de 1,0 % à Toronto et à Vancouver, alors qu’il a crû de 1,8 % dans les principales métropoles sélectionnées.

  • Cependant, Montréal bénéficie d’un marché du travail dynamique et affiche le 4e taux d’emploi le plus élevé du classement. Cette performance s’explique en partie par la rareté de main-d’œuvre liée à un vieillissement de la population plus marqué qu’ailleurs.

  • Cette amélioration récente sur le marché du travail permet à Montréal de maintenir son 11e rang en développement économique, devant Toronto.

  • Signe encourageant pour la productivité : bien que les métropoles américaines progressent plus rapidement que leurs homologues canadiennes, Montréal surpasse Toronto et Vancouver à ce chapitre, ce qui suggère qu'elle pourrait réduire l'écart à l'avenir.

Productivité

Les métropoles canadiennes moins productives

Dans la présente étude, pour assurer la comparabilité des données, la productivité du travail est mesurée en divisant le PIB par le nombre d’emplois dans chaque métropole. Elle correspond à la valeur moyenne des biens et services produits par travailleur, et mesure ainsi l’efficacité des moyens de production. Le niveau de productivité est le principal facteur qui assure la progression du niveau de vie et qui explique les écarts de richesse entre les pays, ou, dans ce cas-ci, entre les métropoles.

Cette mesure macroéconomique de la productivité, largement tributaire du PIB, révèle ici des disparités très importantes entre le Canada et les États-Unis. Plus précisément, l’analyse nous apprend que le niveau de productivité moyen des métropoles américaines est plus de deux fois supérieur à celui des métropoles canadiennes. Les trois métropoles du Canada se classent donc en queue de peloton, avec Montréal en dernière position, qui enregistre un écart de 11 % avec Toronto et Vancouver.

Une croissance de la productivité en milieu de peloton

L’analyse de cet indicateur au fil du temps montre aussi que la croissance moyenne de la productivité s’est avérée plus forte dans les métropoles américaines entre 2014 et 2023. Toutefois, à l’échelle canadienne, Montréal dépasse Toronto et Vancouver à ce chapitre. Ainsi, même si Montréal arrive en dernière position en matière de productivité, elle se classe en milieu de peloton en ce qui a trait à la croissance de sa productivité.

Autre constat : les moyennes masquent d’importants écarts. À titre d’exemple, alors que San Francisco et Seattle affichent une croissance supérieure à celle de Montréal, Atlanta enregistre une croissance plus modeste, et une baisse est même observée à Philadelphie. Cette donnée montre donc que les écarts avec les États-Unis ne sont pas irréversibles, que des progrès sont possibles, et que Montréal peut aspirer à les réduire.

Graphique 1
Graphique 2

Taux d'emploi

Montréal consolide son avance

Le taux d’emploi représente la proportion des personnes de 15 à 64 ans qui occupent un emploi. En mesurant la capacité d’une économie à générer des opportunités d’emplois, cet indicateur donne un bon aperçu de la vigueur du marché du travail. Il est également essentiel pour évaluer l’intégration de la population à l’emploi, plus particulièrement dans un contexte d’importante croissance démographique.

Au cours de la dernière décennie, le taux d’emploi a augmenté dans toutes les métropoles étudiées, sauf pendant la pandémie de COVID-19. Toutefois, Montréal se distingue par une croissance plus soutenue à ce chapitre. Ainsi, en 2014, la métropole québécoise affichait un taux d’emploi légèrement supérieur (71,9 %) à celui des deux autres métropoles canadiennes, soit 71,2 % pour Vancouver et 70,8 % pour Toronto. Montréal a maintenu son avance en 2024, affichant un gain de 4 points de pourcentage en 10 ans, contre 3,6 points pour Vancouver et 0,8 pour Toronto. En parallèle, les métropoles américaines accusaient un retard de 1,4 point de pourcentage par rapport à Montréal en 2014, et cet écart s’est réduit à 0,8 point en 2024.

La 4e position de Montréal à ce chapitre explique pourquoi elle devance Toronto dans la catégorie du développement économique, malgré son retard avec la métropole ontarienne en matière de revenu disponible et de productivité.

En partie à cause de la rareté de main-d’œuvre

Cette performance montréalaise s’explique, en partie du moins, par sa démographie. Le vieillissement de la population, plus prononcé au Québec qu’ailleurs en Amérique du Nord, freine la croissance du bassin de personnes du principal groupe en âge de travailler (15-64 ans). Ainsi, la croissance du nombre de nouveaux entrants sur le marché du travail ralentit, alors que les départs à la retraite augmentent. Ce phénomène induit donc une certaine rareté de la main-d’œuvre qui a pour conséquences de réduire le taux de chômage et d’augmenter le taux d’emploi.

Graphique 3

Revenu disponible des ménages par habitant

Les métropoles canadiennes ne rattrapent pas leur retard

Le revenu disponible des ménages correspond à la somme de l’ensemble des revenus cumulés par les ménages (revenus de travail, allocations familiales, prestations d’aide sociale, etc.), de laquelle sont soustraits les taxes, impôts et contributions versés aux administrations publiques. Le revenu disponible des ménages est ensuite ramené par habitant, reflétant ainsi le montant moyen dont chaque personne dispose pour consommer ou épargner.

Contrairement aux éditions précédentes, il n’a pas été possible de tenir compte des services sociaux en nature fournis par l’État, comme les soins de santé publics. Ces transferts étant plus importants au Canada, ces données sous-estiment le revenu disponible par habitant pour les métropoles canadiennes.

Cette analyse révèle que les trois métropoles canadiennes affichent un revenu disponible des ménages par habitant significativement plus bas que celui des métropoles américaines. Ainsi, selon des données recueillies en 2024, Montréal arrive en queue de peloton, avec un revenu disponible des ménages par habitant de 30 040 $, soit 14 % de moins que celui enregistré en moyenne par Toronto et Vancouver (graphique 4). L’écart est nettement plus marqué avec les métropoles américaines, dont le revenu disponible moyen s’établissait à 66 289 $.

Au-delà de cet écart, principalement attribuable au fait que l’activité économique et la prospérité sont généralement plus faibles au Canada qu’aux États-Unis, le classement actuel met en évidence une tendance préoccupante : au cours de la dernière décennie, les métropoles américaines ont progressé plus rapidement que leurs homologues canadiennes. Ainsi, depuis 10 ans, le revenu disponible des ménages par habitant a augmenté en moyenne de 1,1 % par an à Montréal et de 1,0 % à Toronto et à Vancouver, alors qu’il a crû de 1,8 % dans les principales villes américaines. Cela signifie que les habitants des métropoles américaines ont vu leur pouvoir d’achat s’accroître plus rapidement que ceux des grandes villes canadiennes.

Graphique 4

Capital humain

Ce qu'il faut retenir

  • Depuis 2014, Montréal a vu sa proportion d'adultes (25-64 ans) détenant un diplôme universitaire augmenter significativement, pour atteindre 43 %. Cette progression demeure toutefois insuffisante face aux métropoles américaines, où le taux a grimpé plus rapidement, soit jusqu'à 51 %. Contrairement à Montréal, Toronto et Vancouver (52 %) ont entièrement comblé leur écart avec les États-Unis.

  • Le retard de Montréal s'explique par une plus faible fréquentation universitaire. Depuis 2014, le nombre d'étudiants universitaires au Québec s’est accru de seulement 3 %, alors qu'il a augmenté de 13 % en Ontario et de 7 % en Colombie-Britannique

  • Ce retard s’explique également par un apport moindre de l'immigration qualifiée. À Montréal, les immigrants, qui représentent 33 % de la population, constituent 38 % des diplômés universitaires, rehaussant ainsi la moyenne québécoise.

  • Les métropoles canadiennes misent tout particulièrement sur ces nouveaux arrivants, avec un taux d’immigration nette de 3,4 % pour Montréal et 4,8 % en moyenne pour Toronto et Vancouver contre 1,1 % pour les métropoles américaines.

  • Les récentes diminutions de l'immigration, tant au Québec qu'au Canada, menacent directement cet apport stratégique, tout comme les restrictions visant les étudiants internationaux qui forment un vivier important de talents.

  • Paradoxalement, les immigrants permanents, plus qualifiés que la moyenne québécoise, font face à un taux de chômage plus élevé. L'écart entre les natifs et ces immigrants est plus prononcé à Montréal qu'à Toronto, à Vancouver ou dans les métropoles américaines, ce qui reflète des difficultés particulières d'intégration au marché de l'emploi.

  • Par contre, Montréal a réussi à réduire la part des personnes qui ne détiennent pas de diplôme d’études secondaires, ce qui la place en milieu de peloton. Elle en compte cependant davantage que Toronto et Vancouver.

Proportion de la population de 25 à 64 ans détenant un baccalauréat ou plus

Montréal ne comble pas l’écart

À Montréal, la proportion des 25-64 ans (habituellement sur le marché du travail) détenant un diplôme universitaire de niveau baccalauréat ou plus est passée de 33 % en 2014 à 43 % en 2024 (graphique 5).

Malgré cette progression, l'écart avec les autres métropoles canadiennes s'est creusé, passant de 5 à 9 points de pourcentage. L'écart avec les villes américaines est resté stable (9 à 8 points). Montréal se situe ainsi loin derrière la moyenne des métropoles canadiennes (52 %) et américaines (51 %).

Une des causes : moins d’immigration permanente qualifiée

Le retard de Montréal s’explique en partie par un apport historiquement moins grand de l’immigration. Le Québec a accueilli moins d’étudiants internationaux, mais aussi moins d'immigrants permanents que les deux autres provinces canadiennes. Pourtant, ces immigrants rehaussent le taux moyen de diplomation universitaire. À Montréal, par exemple, les immigrants représentent 33 % de la population, mais constituent 38 % des diplômés universitaires.

Graphique 5

Moins d'effectifs universitaires au Québec

Une autre explication du creusement de l'écart entre Montréal et ses homologues canadiennes réside dans les tendances universitaires provinciales. Entre 2014 et 2023, les effectifs universitaires ont progressé en Ontario (+13 %) et en Colombie-Britannique (+7 %), alors qu'ils ont stagné au Québec (+3 %). Cette différence s'explique notamment par l'afflux d'étudiants internationaux, plus marqué en Ontario (+117 %) qu'en Colombie-Britannique (+60 %) et au Québec (+67 %). Mais le Québec se distingue surtout par la baisse de 5 % de ses effectifs d'étudiants nationaux. La faible progression des effectifs universitaires au Québec s'explique principalement par deux facteurs : d’abord, une croissance démographique plus faible, puisque, de 2014 à 2023, le nombre de personnes de 20 à 29 ans a augmenté de458 763 en Ontario, contre 10 995 au Québec; deuxièmement, le taux de fréquentation universitaire au Québec a progressé moins rapidement parmi cette population.

Graphique 6

Montréal, métropole étudiante ?

  • Montréal, reconnue comme métropole universitaire d'envergure, voit son statut menacé par les récentes politiques restrictives. Les quotas imposés aux étudiants internationaux et la hausse des frais de scolarité, bien que similaires aux défis rencontrés par d'autres grandes villes, risquent d'avoir des conséquences.

  • Ces mesures, combinées aux restrictions sur les permis post-diplômes et l'accès à la résidence permanente, pourraient freiner la hausse de la part de la population diplômée. Non seulement moins d'étudiants internationaux viendront étudier à Montréal, mais une proportion réduite pourra y rester après l'obtention de leur diplôme.

  • Au-delà des statistiques, deux impacts stratégiques méritent une attention particulière:

    • Les unités de recherche, qui s'appuient largement sur des étudiants étrangers aux cycles supérieurs, pourraient voir leur viabilité compromise, ce qui freinera l'innovation à long terme. Les étudiants étrangers représententprès de la moitié des étudiants inscrits au doctorat au Québec.

    • Contrairement aux idées reçues, le véritable défi pour les universités n'est pas de nature financière (les surcoûts des frais internationaux étant redistribués entre établissements), mais structurelle : les étudiants internationaux permettent actuellement d’assurer le nombre d’effectifs suffisant dans plusieurs programmes.

Proportion des 25 à 64 ans sans diplôme d'études secondaires

Avec un taux de non-diplomation (proportion des 25 à 64 ans qui ne possèdent pas de diplôme d’études secondaires) de 7 %, Montréal fait mieux que la moyenne américaine (8 %), mais se classe derrière les deux métropoles canadiennes (4 %).

Bien que, depuis 2018, la métropole québécoise ait devancé les métropoles américaines, elle n’a pas rattrapé l’écart qui s’était creusé avec Toronto et Vancouver, qui ont, elles aussi, enregistré des progrès à cet égard. Cette situation s'explique en partie par le fait que Montréal part de plus loin, les générations plus âgées y étant historiquement moins diplômées que dans les autres métropoles canadiennes.

Graphique 7

Immigration internationale nette

Un bond de l’immigration dans les métropoles canadiennes

L’immigration internationale nette est considérablement plus élevée dans les métropoles canadiennes que dans les grandes métropoles américaines. Elle est mesurée par les entrées de résidents internationaux (permanents et temporaires), auxquelles sont soustraits les départs, en proportion de la population.

Précisons que l’écart entre les deux pays était déjà important il y a 10 ans, en raison des politiques canadiennes d’immigration ciblée. Après la pause pandémique, cet écart s’est toutefois considérablement accru, le gouvernement canadien ayant alors revu à la hausse ses cibles d’immigration permanente et élargi les critères d’accueil des résidents temporaires.

Ainsi, au cours des cinq années précédant la pandémie, le taux d’immigration avait augmenté au Canada alors qu’il déclinait aux États-Unis. Cependant, après la pandémie, l’immigration a littéralement explosé au Canada. Par conséquent, le taux d’immigration nette observé à Montréal (3,4 %) en 2023-2024 est devenu trois fois plus élevé que le taux moyen enregistré dans les métropoles américaines (1,1 %). Avec un taux d’immigration nette qui a bondi à 4,8 %, Toronto et Vancouver ont surpassé de presque cinq fois les métropoles américaines. Le taux plus faible observé à Montréal s’explique par des politiques québécoises plus restrictives.

Notons enfin que le taux d’immigration nette des métropoles américaines est relativement faible et très similaire entre elles, se situant dans une fourchette de 0,7 % à 1,5 %.

Un impact globalement positif pour Montréal

Mais comment interpréter ce taux d’immigration élevé ? Doit-on le considérer comme un atout qui mérite de placer les métropoles canadiennes en tête de classement ou est-ce plutôt un facteur défavorable sur le plan économique ? L'immigration représente aujourd'hui le seul véritable moteur d'expansion du bassin de travailleurs au Canada, un atout face au vieillissement démographique qui permet à la fois de pourvoir des postes vacants et de générer des revenus fiscaux essentiels au maintien des services publics. Bien ciblée, elle contribue à rehausser le niveau de diplomation au Québec et au développement de secteurs de pointe, comme l'intelligence artificielle, les sciences de la vie et l'aérospatiale.

Néanmoins, cette croissance migratoire rapide, dont la planification n'a pas pleinement anticipé les besoins d'infrastructure associés, a accentué des problématiques préexistantes en exerçant une pression accrue sur des services déjà sollicités comme le logement.

Graphique 8

Intégration des immigrants permanents au marché du travail

L'intégration en emploi des immigrants permanents : un défi plus marqué à Montréal

L'intégration économique des immigrants permanents est une condition essentielle à leur pleine contribution au développement social et économique. Un indicateur clé pour mesurer cette intégration est le rapport entre le taux de chômage des immigrants permanents et celui des personnes nées au pays (natifs). Un ratio supérieur à 1, comme à Montréal et à Vancouver, indique un taux de chômage plus élevé chez les immigrants.

Cet indicateur révèle que Montréal affiche une performance moins favorable que d'autres grandes métropoles nord-américaines en matière d’intégration. Ainsi, en 2024, le ratio du taux de chômage immigrants/natifs s'élevait à 1,7 à Montréal, alors qu’il atteignait 1,0 en moyenne à Toronto et à Vancouver, et 0,9 en moyenne dans les métropoles américaines à l’étude.

Il est important de rappeler que l’indice comparant le taux de chômage des immigrants à celui des natifs constitue une mesure relative, et non absolue, de leur performance économique. Il dépend à la fois de l’évolution du taux de chômage des natifs et de celui des immigrants.

Plus précisément, en 2024, le taux de chômage des immigrants s’élevait à 8,0 % à Montréal, soit 3,3 points de pourcentage de plus que celui des natifs (4,7 %). À Toronto, il était égal à celui des natifs, à 7,5 %. Aux États-Unis, le ratio est légèrement plus faible (0,9), allant de 0,7 à 1,2 parmi les métropoles américaines. Au cours de la dernière décennie, le ratio a connu une faible hausse à Montréal (passant d'environ 1,6 à 1,7), alors qu'il est demeuré stable aux États-Unis et a légèrement diminué dans les deux autres métropoles canadiennes.

L'écart avec les États-Unis s'explique en partie par leur protection sociale moins généreuse, poussant les immigrants à accepter rapidement des emplois, même moins qualifiés, pour éviter l'absence de revenus. Le volume d'immigration nettement plus élevé au Canada, combiné au repli du marché du travail, a également pu compliquer l'accès à l'emploi.

Graphique 9

Coûts d'exploitation

Ce qu'il faut retenir

  • Montréal se classe au 1er rang en matière de coûts d'exploitation, devant Toronto (3e) et Vancouver (5e).

  • La métropole québécoise bénéficie de coûts énergétiques très avantageux (elle est en première place pour l'électricité [tarifs de grande puissance] et en deuxième pour le gaz), ainsi que de coûts de location d’espaces industriels et de bureaux parmi les plus bas des métropoles analysées.

  • La main-d'œuvre, notamment de niveau universitaire, est accessible à des conditions salariales concurrentielles: le salaires médian d’un titulaire d’un baccalauréat est de 56 974 $ à Montréal contre 59 274 $ à Toronto et Vancouver, et 72 609 $ dans les grandes villes américaines.

  • Sur le plan de l’impôt des sociétés, Montréal est au 5e rang, à égalité avec Toronto.

Loyers des espaces bureaux et industriels

Des coûts de location toujours concurrentiels à Montréal

En 2024, Montréal maintient un avantage marqué en matière de coûts de location pour les espaces industriels. Le loyer net demandé atteint 15 $/pi², contre 19 $/pi² à Toronto et à Vancouver, ainsi que dans les métropoles américaines. Cet écart, bien que moins prononcé qu’il y a quelques années, confirme la position compétitive de Montréal pour l’accueil d’activités industrielles.

La situation est similaire pour les espaces de bureaux. Avec un loyer moyen de 37 $/pi², Montréal demeure significativement plus abordable que Toronto et Vancouver (52 $/pi²) et que les métropoles américaines (61 $/pi²).

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Salaire annuel médian

Une main-d’œuvre qualifiée abordable

L’analyse des salaires médians met en lumière un écart important entre Montréal et les grandes métropoles nord-américaines. En 2024, le salaire annuel médian de la population de 15 ans et plus atteignait 44 979 $ à Montréal, contre 48 664 $ à Toronto et à Vancouver, et 50 425 $ dans les métropoles américaines. Si l’on considère les titulaires d’un baccalauréat, l’écart est encore plus marqué avec les métropoles américaines : 56 974 $ à Montréal, contre 59 274 $ à Toronto et à Vancouver, et 72 609 $ aux États-Unis.

Ces écarts démontrent l’avantage concurrentiel dont bénéficie Montréal en matière de coûts de main-d’œuvre. Concrètement, les entreprises qui choisissent de s’y implanter peuvent profiter de coûts salariaux nettement inférieurs à ceux de plusieurs grandes métropoles concurrentes. Par exemple, les salaires annuels médians à San Francisco, à Seattle et à Boston sont respectivement 36 %, 25  % et 18 % plus élevés qu’à Montréal. Cet avantage concurrentiel pour Montréal auprès des employeurs, qui bénéficient de coûts d'exploitation réduits, reflète paradoxalement le faible revenu disponible des ménages par habitant (page 14).

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Fiscalité

D’importantes différences existent entre les régimes fiscaux américains et canadiens. Toutefois, le taux d’imposition sur les bénéfices des sociétés demeure un indicateur couramment utilisé dans toutes les juridictions pour évaluer la fiscalité appliquée aux entreprises. Cet indicateur, bien qu’imparfait, permet de comparer les conditions d’affaires entre les métropoles et d’évaluer la compétitivité relative des territoires.

À Montréal, le taux combiné d’imposition fédéral et provincial s’établit à 26,5 %, soit un niveau équivalent à celui de Toronto (26,8 %) et légèrement inférieur à Vancouver (27 %). Ces taux reflètent une certaine homogénéité entre les provinces canadiennes, où la fiscalité des sociétés demeure relativement harmonisée.

Aux États-Unis, la situation est plus contrastée. Si le taux moyen d’imposition dans les grandes métropoles s’élève à 26,7 %, les disparités selon les États sont plus marquées, variant généralement entre 21 % et 28 %.

Graphique 14

Prix de l’électricité

Montréal offre des tarifs d’électricité particulièrement compétitifs aux entreprises. Au tarif « grande puissance » (clients industriels à forte demande), le prix moyen s’établit autour de 5,2 ¢/kWh, soit un niveau nettement inférieur à la moyenne canadienne.

À titre comparatif, Vancouver affiche des tarifs légèrement supérieurs à ceux de Montréal, tandis que Toronto se caractérise par des prix sensiblement plus élevés et plus volatils.

Les métropoles américaines présentent, pour leur part, des tarifs généralement plus élevés. Cet écart s’explique surtout par la structure des marchés électriques : au Canada, l’abondance d’hydroélectricité à coût faible et stable (notamment au Québec et en Colombie-Britannique) contraste avec la diversification des sources et des structures de marché aux États-Unis. Les différences reflètent à la fois le bilan énergétique de chaque province/État et leurs politiques publiques.

À noter que les données américaines ne distinguent pas les profils de tarification (puissance/consommation), ce qui a pour effet de surestimer légèrement les niveaux de prix observés du côté américain.

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Prix du gaz

En ce qui concerne les coûts du gaz naturel, Montréal occupe depuis quelques années une position favorable par rapport aux métropoles américaines. Les prix observés dans la métropole québécoise, tout comme à Toronto et à Vancouver, sont systématiquement inférieurs à ceux relevés dans les grands centres urbains des États-Unis. Cette situation confère un avantage économique important aux entreprises installées dans la région montréalaise, en particulier dans un contexte où le prix du gaz naturel nord-américain est resté relativement élevé dans plusieurs marchés urbains. La stabilité et la compétitivité des prix au Québec constituent donc un atout majeur pour l’attractivité et le dynamisme économique de la région.

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Innovation

Ce qu'il faut retenir

  • Au chapitre de l’innovation, Montréal se classe au 7ᵉ rang, soit une place de plus qu'en 2014, principalement grâce à une augmentation de la disponibilité du capital de risque.

  • En effet, celle-ci s'est améliorée au cours de la dernière décennie, tant au chapitre du nombre que du montant des transactions. Cependant, l'écosystème de capital de risque reste moins dynamique que celui des autres métropoles.

  • La proportion de la main-d’œuvre dans les secteurs d’avenir demeure plus élevée à Montréal qu'ailleurs au Canada et aux États-Unis. Cependant, la forte progression à Toronto et à Vancouver pourrait menacer la position de Montréal.

  • Malgré une progression similaire à Toronto et Vancouver (+22 % en 10 ans), Montréal continue de former moins de diplômés en sciences, technologies, ingénierie et mathématiques (STIM) par 100 000 habitants.

Main-d'œuvre dans les secteurs d'avenir

La présence de plusieurs industries de pointe et à haute valeur ajoutée, qui emploient beaucoup de Montréalais, permet de créer un environnement favorisant la créativité, la recherche, la compétitivité et la capacité d’innovation. La part de la main-d’œuvre qui évolue dans les secteurs d’avenir – soit l’aérospatiale, les télécommunications, les services informatiques, les laboratoires médicaux et la fabrication de produits chimiques – permet de mesurer le potentiel d’innovation d’une métropole.

Cette main-d’œuvre occupe une place importante à Montréal. Avec une proportion de 8,5 % en 2024, celle-ci devance la moyenne des deux autres métropoles canadiennes (7,9 %), et celle des métropoles américaines (5,2 %).

Montréal n’a, par ailleurs, enregistré aucun progrès notable à cet égard, contrairement aux autres métropoles canadiennes. Entre 2014 et 2024, cette proportion n’a que légèrement augmenté, passant de 8 % à 8,5 %, tandis que les métropoles canadiennes ont connu une croissance importante, passant de 5,9 % à 7,9 %. Les métropoles américaines ont quant à elles connu une stagnation de leurs effectifs, puis un déclin au cours de la dernière année.

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Diplômés en STIM

Entre 2016 et 2021, soit les dernières années où des données sont disponibles, le nombre de diplômés en STIM de niveau baccalauréat ou supérieur a augmenté partout.

Cependant, la croissance a été plus forte au Canada. Montréal a connu une croissance de 22 % à cet égard, passant de 4 764 à 5 833 diplômés par 100 000 habitants. Toronto et Vancouver ont enregistré une progression de 22 % également. En comparaison, les grandes métropoles américaines ont connu une croissance plus modérée, soit de 20 % sur la même période.

Graphique 18

Disponibilité du capital de risque

Le montant moyen des transactions augmente

Le montant moyen des transactions de capital de risque constitue un indicateur central de la capacité d'innovation d'une métropole. Il traduit la possibilité pour les entreprises d'accéder à des financements d'envergure, condition essentielle pour soutenir leur croissance et leur compétitivité.

Entre 2014 et 2024, le montant moyen des transactions de capital de risque à Montréal a plus que doublé, passant de 5,2 M$ à 11,9 M$. Ce bond explique le gain d'une place au classement de Montréal pour l'ensemble du pilier d'innovation. Cependant, malgré cette progression, la métropole québécoise demeure sous les niveaux enregistrés à Toronto (16,3 M$) et à Vancouver (21,5 M$), et nettement en retrait par rapport à la moyenne des métropoles américaines (23,5 M$). Les grands pôles d'innovation affichent des montants nettement plus élevés, notamment San Francisco (60,4 M$), San Diego (33,5 M$) et Boston (26,6 M$).

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Qualité de vie

Ce qu'il faut retenir

  • Depuis la toute première édition de cette étude, Montréal s’illustre pour sa qualité de vie, se classant en peloton de tête grâce à des attributs qui lui sont propres, mais aussi à certaines particularités canadiennes partagées avec Toronto et Vancouver.

  • Montréal demeure la métropole la plus abordable du groupe pour se loger. Bien que la part du revenu consacrée au loyer soit passée de 10,9 % à 13,3 % entre 2020 et 2025, elle reste plus faible qu’à Toronto (16,4%) et à Vancouver (17,8%). Notons toutefois que cet avantage s'érode progressivement.

  • De plus, la métropole québécoise affiche un taux d’homicides particulièrement faible (1,19 pour 100 000 habitants), bien inférieur à la moyenne américaine (9,6).

  • Son tissu culturel reste dynamique, alors que près de 6 % des emplois qu’on y retrouve sont dans les secteurs des arts, de la culture et des communications.

  • Montréal souffre cependant d’une congestion routière importante (en 9e position du classement, avec 58 heures perdues/an), un irritant majeur pour la population et les entreprises.

Coût du logement

Montréal, encore plus abordable qu’ailleurs

Le logement, qui compte pour une part importante des dépenses des ménages, constitue l’une des principales composantes de la qualité de vie, parce qu’il contribue à déterminer la marge de manœuvre financière et le pouvoir d’achat. Depuis quelques années, ce facteur revêt une importance accrue en raison des pressions exercées sur le coût du logement : taux d’inoccupation faible contribuant à la hausse des loyers, inflation marquée dans la construction, taux hypothécaires élevés, augmentation des prix de l’immobilier, etc.

La mesure la plus utilisée pour évaluer l’abordabilité du logement est le pourcentage de ménages qui doivent y consacrer 30 % ou plus de leurs revenus. Les données dont nous disposons (2021) indiquent que Montréal reste la métropole la plus abordable avec la plus faible proportion de sa population qui dépasse ce seuil, soit 20 %, loin derrière les deux autres métropoles canadiennes (30 %), et encore en retrait des métropoles américaines (35 %). Les métropoles canadiennes ont vu leur situation s’améliorer entre 2016 et 2021, notamment Montréal, qui affiche la plus forte baisse, soit de 5 points de pourcentage. Les métropoles américaines n’ont connu aucun changement sur la période analysée.

Mais l’avantage pourrait s’effriter

Certaines données disponibles pour les dernières années – qui ne permettent pas une comparaison avec les métropoles américaines – indiquent que cet avantage pourrait s’effriter.

En effet, sur le marché locatif, la part du revenu consacrée au loyer à Montréal est passée de 10,9 % en 2020 à 13,3 % en 2025, une hausse marquée qui réduit l'écart avec les autres métropoles canadiennes. Bien que Toronto (16,4 %) et Vancouver (17,8 %) restent largement moins abordables que Montréal, l’écart se resserre, passant de 4,2 à 3,1 points de pourcentage pour Toronto, et de 7,4 à 4,5 points de pourcentage pour Vancouver.

Sur le marché de l’achat, les prix de vente à Montréal restent nettement inférieurs à ceux de Toronto et de Vancouver. Cependant, selon les prévisions de la SCHL pour 2025, Montréal connaîtra une hausse modérée de ses prix de vente, tandis qu’une correction est attendue à Toronto et à Vancouver, où les prix moyens pourraient baisser de 7  % et 8  % respectivement.

En somme, bien que Montréal détienne encore un avantage relatif en matière d’abordabilité, l’évolution récente du marché montre que cet écart se rétrécit, et qu’il pourrait continuer de s’amenuiser dans les prochaines années. Il sera donc essentiel de suivre attentivement les tendances pour anticiper les défis à venir en matière de logement.

Graphique 20

L’itinérance, un phénomène mal évalué, mais dont il faut tenir compte

  • Malgré une pression immobilière moins forte qu’ailleurs au Canada, Montréal n’échappe pas à la hausse de l’itinérance, même si la situation y demeure, pour l’instant, moins aiguë que dans les grandes métropoles comme Toronto ou Vancouver. Toutefois, il reste difficile de mesurer précisément l’ampleur du phénomène : comme l’a souligné le Vérificateur général du Québec, le nombre de personnes vivant en situation d’itinérance est largement sous-estimé. Les rares recensements, menés ponctuellement sur une nuit, ne donnent qu’un aperçu partiel de l’évolution récente.

  • Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, à Montréal, le nombre de personnes ayant passé la nuit dans un organisme d’hébergement ou à l’extérieur a bondi de 35  % entre 2018 et 2022.

  • À l’échelle pancanadienne, Toronto demeure le principal pôle d’itinérance, ce qui s’explique en partie par la taille de sa population, et connaît également une croissance très rapide : le nombre de personnes sans abri y a doublé entre 2021 et 2024. Vancouver enregistre aussi une hausse marquée, avec une augmentation de plus de 30  % entre 2020 et 2023. La tendance s’observe aussi aux États-Unis, où le nombre de personnes en situation d’itinérance est passé de 1,75 à 2,3 pour 1 000 habitants entre 2022 et 2024.

  • Ces tendances montrent que, si Montréal conserve encore un avantage relatif en matière de logement et d’abordabilité, la progression de l’itinérance et l’absence de données détaillées appellent une attention particulière.

Taux d’homicides

Montréal, plus sécuritaire

Le taux d’homicides constitue une mesure indirecte de la cohésion sociale. Toutefois, pour les citoyens, il représente surtout une mesure du degré de sécurité de leur milieu de vie, un ingrédient essentiel à la qualité de vie et un facteur certain d’attraction pour les centres urbains.

Comme dans les éditions précédentes, l’étude révèle une fracture importante entre les métropoles canadiennes et les métropoles américaines au chapitre des homicides. En 2024, le taux d’homicides s’élevait à 1,2 homicide pour 100 000 habitants à Montréal, soit un taux plus faible qu’à Toronto (1,9) et similaire à Vancouver (1,2). En contrepartie, la moyenne des 9 métropoles américaines atteignait 7 homicides pour 100 000 habitants. Cependant, les données américaines portent uniquement sur les villes centres, ce qui a pour effet de gonfler les taux d’homicide.

Un bond des homicides dans les métropoles américaines depuis la pandémie

Du côté canadien, bien qu’une légère augmentation des homicides ait été constatée après la crise sanitaire, un retour aux normales historiques a été observé depuis. En revanche, aux États-Unis, la réalité est tout autre. Le nombre d’homicides y a connu une très forte hausse depuis 2019. Ainsi, le taux d’homicides moyen des villes américaines à l’étude est passé de 4,9 en 2014 à un sommet de 11,2 en 2021, une explosion qui n’a été que partiellement résorbée depuis, avec une redescente à 7 en 2024. Autrement dit, ces métropoles sont devenues significativement moins sécuritaires qu’elles ne l’étaient il y a 10 ans, ce qui avantage donc Montréal et les autres métropoles canadiennes au chapitre de la sécurité.

Graphique 21

Heures perdues dans la congestion routière

Place à l’amélioration

Le trafic et la congestion routière règnent au cœur de toute vie urbaine et constituent une source d’irritation importante pour les résidents. Ces heures de frustration doivent donc indéniablement être prises en considération lorsqu’on évalue la qualité de vie d’une métropole.

Mesurée par le nombre d’heures perdues dans la circulation, la congestion routière est évaluée dans la présente étude à partir d’une enquête réalisée par INRIX, une firme américaine spécialisée dans l’analyse des transports.

À Montréal, le temps perdu dans le trafic atteignait 58 heures en 2024, situé entre Vancouver (46h) et Toronto (61h), et que celle des métropoles américaines étudiées (56 h), en excluant New York, car cette métropole fait bande à part.

Un irritant important pour les Montréalais

Les écarts sont moins importants qu’ils n’y paraissent, puisque la différence entre les 58 heures de trafic à Montréal et les 56 heures moyennes dans les villes américaines correspond à un retard additionnel de 30 secondes par jour.

Toutefois, il n’en reste pas moins que les entraves routières ont un impact direct sur la qualité de vie. De plus, comme on peut le constater dans les débats montréalais, ces sources d’irritation ne se mesurent pas seulement en minutes perdues ou en coûts économiques.

Graphique 22

Emplois en information, culture et loisirs

La présence d’un nombre important de personnes travaillant dans des domaines créatifs a une incidence favorable sur l’innovation, le développement économique et la qualité de vie de la population.

Montréal figure parmi les métropoles où les emplois liés à l’information, la culture et les loisirs ont une forte présence en 2024. Avec un taux de 5,4 %, qui la classe au 6e rang, la métropole québécoise devance la moyenne des deux autres métropoles canadiennes et celle des métropoles américaines (toutes deux de 5,1 %).

Les métropoles analysées affichent cependant des résultats assez similaires, soit entre 4,0 % et 6,2 %. La performance similaire de l’ensemble des métropoles laisse sûrement entendre que la part d’emplois en information, culture et loisirs constitue un socle commun aux métropoles dynamiques.

Graphique 23

Environnement

Ce qu'il faut retenir

  • Montréal se classe au 8e rang dans la catégorie environnement, un résultat qui la place loin derrière des métropoles comme Seattle, Vancouver et New York.

  • Sa principale faiblesse se trouve dans sa qualité de l’air, pour laquelle elle décroche le dernier rang. Cet indicateur est notamment influencé par des facteurs externes imprévisibles et incontrôlables, comme les feux de forêt.

  • En matière de transport collectif, Montréal affiche une performance moyenne (6ᵉ rang), et est devancée par Toronto et Vancouver. Elle se démarque toutefois par son accessibilité pour les piétons et les cyclistes.

  • Enfin, pour la superficie de ses espaces verts, Montréal se situe sous la moyenne (8ᵉ rang), avec un pourcentage de couverture forestière inférieur à celui de Vancouver et de plusieurs autres métropoles américaines.

Qualité de l'air

Montréal, dernière pour sa qualité de l’air

La qualité de l’air, en plus d’être un facteur contribuant à la qualité de vie, constitue un élément important pour mesurer les efforts que déploie une métropole pour réduire la pollution et protéger l’environnement. Évaluée ici à partir de données compilées par la firme suisse IQ Air, qui permettent de comparer l’ensemble des métropoles, la qualité de l’air se mesure par le nombre de particules fines par mètre cube. Le seuil recommandé par l’Organisation mondiale de la santé est moins de 5 millionièmes de gramme de particules pour chaque mètre cube d’air.

Seules 3 métropoles sur les 12 comparées respectaient ce seuil en 2024, toutes situées sur la côte Pacifique, soit Vancouver, San Francisco et Seattle. Montréal affiche la pire performance en matière de qualité de l’air, avec un indice de 8,9, ce qui la place au dernier rang.

Ce résultat pour Montréal s’explique en grande partie par des facteurs externes, comme les feux de forêt, qui ont détérioré la qualité de l’air au cours des dernières années.

Graphique 24

Modes de transport alternatifs à l’automobile

Montréal, toujours au premier plan

Les données du recensement révèlent que l’usage des modes de transport alternatifs à l’automobile (transport collectif, marche, vélo) a reculé dans l’ensemble des métropoles. Montréal se distingue néanmoins positivement avec 23 % des travailleurs utilisant des modes de transports alternatifs.

Cette tendance de diminution de la part des déplacements effectués par des modes alternatifs n’est pas propre à Montréal, mais s’observe dans toutes les grandes villes nord-américaines. Elle s’explique principalement par le contexte exceptionnel de la pandémie de COVID-19, qui a entraîné une baisse généralisée des déplacements quotidiens, notamment en raison de pertes d’emplois et du recours massif au télétravail.

Il est à noter que la pandémie a également entraîné un recul de l’usage de l’automobile comme principal mode de déplacement entre le domicile et le travail. Autrement dit, la baisse des modes alternatifs ne s’est pas traduite par une augmentation de la part de la voiture, mais plutôt par une diminution généralisée de la mobilité liée à l’emploi.

La situation a cependant évolué depuis 2021, l’année la plus récente pour laquelle des données sont disponibles.

Graphique 25

Disponibilité du transport collectif

Montréal, dans la moyenne

L’accès au transport en commun est un facteur clé de l’attractivité des métropoles. Il joue un rôle important tant pour attirer de nouveaux employeurs que pour accueillir de futurs résidents. Un réseau de transport en commun performant permet de réduire l’usage de l’automobile, et donc de diminuer la congestion routière et les retards qu’elle engendre, ainsi que la pollution. Un transport collectif performant constitue également un atout de taille pour les employeurs dont le personnel devient moins tributaire des aléas des déplacements quotidiens.

Le « score de transit » du Walkscore est une mesure brevetée qui mesure la qualité d'accès d'un lieu par le transport en commun. Ce score (0-100) est calculé en analysant la fréquence des passages, le type de transport (train, bus, etc.) et la distance jusqu'à l'arrêt le plus proche.

Montréal se situe dans la moyenne avec un score de transit de 67 sur 100, et enregistre un moins bon score que Toronto (78) et Vancouver (74).

Aux États-Unis, New York domine le classement (88), principalement grâce à la proximité des arrêts de transport en commun. Cependant, d’autres métropoles comme Atlanta, Austin, Denver et San Diego obtiennent un très faible score (45).

Graphique 26

Superficie des espaces verts

Les espaces verts procurent aux citoyens des milieux de vie attrayants, un écosystème varié et des espaces de fraîcheur lors des canicules. Ces espaces contribuent aussi à réduire les îlots de chaleur et à lutter contre l’effet de serre et le réchauffement climatique.

Produites par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), ces données mesurent le pourcentage de zones urbaines fonctionnelles recouvertes d’espaces verts, soit les zones végétalisées, comme les parcs publics, les jardins, les forêts urbaines et autres espaces similaires.

Ainsi, malgré ses parcs et la présence du mont Royal, Montréal se classe au 8e rang pour la superficie de ses espaces verts, avec un pourcentage de 42 %, soit le même que Toronto, mais bien en deçà de Vancouver (52 %).

Notons que, pour l’OCDE, le concept « zone urbaine fonctionnelle » désigne un centre urbain et sa périphérie. Ces données ne portent donc pas seulement sur les espaces verts situés au cœur des métropoles, mais aussi sur des zones urbaines plus vastes, ce qui peut expliquer ces résultats. Les trois métropoles les plus verdoyantes sont, dans l’ordre, Atlanta, Seattle et Philadelphie.

Graphique 27
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Conclusion

Lorsque l'on compare Montréal avec les 11 métropoles concurrentes pour attirer et stimuler des investissements – Toronto, Vancouver, Atlanta, Austin, Boston, Denver, New York, Philadelphie, San Diego, San Francisco et Seattle –, on constate que la métropole québécoise possède des atouts importants. Sa qualité de vie exceptionnelle constitue un argument de poids pour attirer des talents et, par conséquent, des entreprises cherchant à s'installer dans un endroit où les travailleurs veulent venir et rester.

Pour les entreprises souhaitant s'implanter ou prendre de l’expansion, des coûts d'exploitation – électricité, salaires, loyers – moins chers jouent en faveur de Montréal. En contrepartie, des salaires moins élevés qu'à Toronto, à Vancouver et dans d'autres métropoles américaines en réduisent l'attrait pour les talents de pointe.

Mais la capacité d'attraction dépend également de la performance économique de la métropole. Les entreprises ne choisissent pas de s'installer ou de s'agrandir dans une ville uniquement en fonction des coûts : elles vont là où leurs investissements seront les plus productifs. Or, Montréal arrive en dernière position au chapitre de la productivité, tout comme en 2014.

La performance économique de Montréal, métropole orientée vers l'économie du savoir, dépend fortement de ses talents. Or, elle se classe avant-dernière au chapitre du capital humain. Malgré ses progrès en matière de diplomation universitaire, elle n'a pas comblé son écart avec les métropoles américaines, contrairement à Toronto et à Vancouver. En cause : moins de jeunes Québécois à l'université et moins d'immigrants qualifiés.

Au chapitre de l'innovation, Montréal a réussi à progresser plus rapidement que les autres métropoles, gagnant une place au classement depuis 2014, principalement grâce à une meilleure disponibilité du capital de risque.

Dans cette édition, Montréal se classe étonnamment en fin de classement pour l’environnement. La principale faiblesse de la métropole québécoise porte sur la qualité de l'air en 2024, affectée par les feux de forêt des dernières années – une situation attribuable davantage à sa position géographique qu'à ses politiques municipales.

En somme, trois impératifs se dessinent pour l'avenir de Montréal :

  • Protéger ses acquis : préserver et renforcer sa qualité de vie, un avantage comparatif majeur, mais de plus en plus sous pression;

  • Combler ses retards : investir de manière ciblée dans les leviers de croissance, avec une priorité accordée au rehaussement du capital humain;

  • Exploiter ses forces : mettre à profit sa stabilité sociale, politique et institutionnelle, un atout de plus en plus précieux, dans un contexte mondial incertain, pour attirer les investissements à plus long terme.