Bilan de l’emploi 2018

Contexte et faits saillants

Dans une optique d’améliorer les politiques publiques du Québec, l’Institut du Québec (IDQ) s’intéresse depuis plusieurs années aux tendances du marché du travail, un élément central de la prospérité d’une économie et du bien-être des citoyens.

Ainsi, depuis 2016, l’IDQ publie mensuellement un indice qui vise à suivre l’évolution de la vigueur du marché du travail et de la qualité de l’emploi au Québec. Ces bilans, qui brossent un portrait des tendances récentes du marché du travail québécois, sont également mis à jour sur une base annuelle.

Le bilan 2018 se distingue toutefois des précédents en ce sens qu’il révèle que le marché du travail québécois est en pleine métamorphose. Il met en relief le fait que :

  • Le vieillissement de la population deviendra le principal frein à la croissance de l’emploi au Québec;
  • Un clivage entre la réalité du marché du travail de la région métropolitaine de Montréal et celle des autres régions du Québec est en pleine émergence;
  • Cela nous mène à conclure que des ajustements aux politiques publiques à court et moyen termes seront nécessaires pour minimiser l’impact du vieillissement sur la croissance économique et la livraison des services à la population.

L’impact du vieillissement de la population est bien réel

  • Après trois années consécutives de création d’emplois au Québec, on observe un certain ralentissement à ce chapitre en 2018.
  • Pour la première fois, le taux de chômage au Québec s’est avéré inférieur à celui de la moyenne canadienne. En 2018, le Québec, l’Ontario et la Colombie-Britannique présentaient un taux de chômage inférieur à la moyenne canadienne.
  • La baisse du taux de chômage global a entraîné dans son sillage la baisse du taux de chômage des immigrants. Constat positif : l’écart entre le taux de chômage des natifs et celui des immigrants commence enfin à s’atténuer.
  • Parmi les provinces, seules la Colombie-Britannique (4,8 %) et l’Île-du-Prince-Édouard (3,7 %) présentent des taux de postes vacants plus élevés que le Québec (3,2 %) (qui arrive ex aequo avec l’Ontario). C’est d’ailleurs au Québec que la croissance annuelle du nombre de postes vacants s’est avérée la plus élevée depuis un an.
  • Ces phénomènes sont des manifestations d’un resserrement du marché du travail. Cette nouvelle réalité, dont on ne peut plus nier l’existence, va perdurer jusqu’à l’horizon de 2030. Tous les indicateurs font actuellement foi de cette transformation du marché du travail : le
    taux d’activité de la population poursuit sa baisse, le taux d’emploi des 25-54 ans atteint un sommet, le chômage de long terme et le travail temporaire sont en baisse, le nombre de postes vacants est en hausse, le nombre de Québécois appartenant au groupe des 15-64 ans, soit les travailleurs potentiels, va stagner ou diminuer selon les régions.
  • Dans un tel contexte, un taux de chômage plus faible n’est plus synonyme d’un marché de l’emploi vigoureux, il s’explique de plus en plus par l’effet du vieillissement de la population.

Vers une polarisation du marché du travail entre la région métropolitaine de Montréal et les régions du Québec

  • En 2018, alors que le nombre d’emplois a crû de 33 400 à Montréal, il s’est produit l’inverse dans le reste du Québec, accusant une baisse de 19 100 emplois. Sur trois ans, c’est plus de 85 % de la création d’emploi qui est survenue dans la métropole.
  • Malgré cette bonne performance de l’emploi, le taux de chômage de la métropole demeure tout de même supérieur à la moyenne québécoise et le taux de postes vacants de la région administrative de Montréal reste légèrement sous la moyenne provinciale.
  • Ce clivage s’explique principalement par le contexte démographique : entre 2011 et 2017, la population âgée de 15 à 64 ans a diminué dans les régions du Québec alors qu’elle continuait de croître dans la métropole. Cette situation n’est pas étrangère à la concentration de l’immigration à Montréal.

Repenser les politiques publiques

  • En raison de ce changement de paradigme, il est important d’adapter rapidement les politiques publiques pour faire en sorte que le vieillissement, qui est un frein à notre potentiel de croissance, se transforme en source d’opportunités;
  • Dans un premier temps, en s’affranchissant des approches traditionnelles, qui reposaient sur l’obsession de la création d’emploi;
  • Il nous faut ensuite tout mettre en oeuvre pour disposer de l’information pertinente afin d’avoir un meilleur portrait de cette nouvelle réalité que nous comprenons encore mal. La qualité de l’information recueillie et une compréhension plus juste des nouveaux besoins du marché du travail constituent la pierre d’assise de l’élaboration de stratégies gouvernementales efficaces;
  • Enfin, les gouvernements doivent mettre à profit tous les leviers dont ils disposent pour atténuer les effets de ce vieillissement : accroître le bassin de travailleurs potentiels, rehausser le niveau de compétences, mieux arrimer l’offre et la demande de compétences, accélérer l’automatisation et le virage numérique.

Dans un premier temps, le présent rapport dresse un portrait de l’évolution des tendances du marché du travail au Québec entre 2008 et 2018 ; la deuxième section compare la situation québécoise du marché du travail en 2018 à celle des autres provinces canadiennes ; la troisième section s’intéresse au marché de l’emploi de la région métropolitaine de Montréal et des autres régions québécoises; et, enfin, la dernière section présente une analyse des principaux constats et propose des pistes de réflexion pour adapter les politiques publiques.

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