Le Québec sobre en carbone : l’avantage économique

Les changements climatiques sont un enjeu économique majeur pour le Québec et le monde. Il est impossible de l’ignorer. Pour l’Institut du Québec (IdQ), la transition vers une économie sobre en carbone constitue une opportunité économique à saisir.

(Télécharger le rapport)

(Sommaire exécutif en anglais)

(Sommaire des deux études)

Pour le Québec, les choix passés en matière énergétique constituent des atouts puisque la presque totalité de l’électricité produite au Québec est renouvelable et ne constitue donc pas une source significative de gaz à effet de serre (GES).

La tendance internationale, incarnée par l’Accord de Paris, exerce des pressions supplémentaires pour inciter les compagnies à passer à l’action et à réduire leurs émissions. En vertu de l’article 2, l’Accord de Paris définit en quelque sorte l’économie sobre en carbone dans sa définition des parties signataires : [les parties s’engagent à rendre] les flux financiers compatibles avec un profil d’évolution vers un développement à faibles émissions de gaz à effet de serre et résilient aux changements climatiques.

Par rapport à leurs voisins, l’économie du Québec possède plusieurs caractéristiques d’une économie sobre en carbone, la première étant que les émissions de GES pour l’ensemble du Québec sont inférieures à dix tonnes par habitant, soit approximativement la moitié des moyennes canadienne et américaine (environ 20 t/habitant). Le Québec est aussi positionné avantageusement pour attirer des entreprises (et les investissements de celles-ci) souhaitant améliorer leur portrait environnemental et se conformer aux tendances de réduction des émissions. Liée à l’augmentation de la demande énergétique, la position stratégique des compagnies québécoises est positive. En effet, grâce à leur consommation d’énergie propre, celles-ci peuvent remplacer des fournisseurs qui consomment de l’énergie émettrice de gaz à effet de serre. Il n’en demeure pas moins que sur le plan de la productivité énergétique, un rattrapage considérable reste à faire. Plusieurs pans de
l’économie québécoise doivent amorcer et accélérer leur transition vers le sobre en carbone.

Si cette transition s’effectue rapidement, certaines entreprises québécoises pourront, grâce à leur faible empreinte carbone, devenir des partenaires de choix dans plusieurs chaînes de valeur internationales. D’ici 2030, ce sont 26 T (mille milliards) $ US3 qui seront nécessaires pour assurer une transition vers une économie mondiale sobre en carbone. Les entreprises québécoises doivent se positionner pour saisir une bonne part de ces investissements.

Les entreprises du Québec peuvent rapatrier la production de biens traditionnellement produits dans des pays à plus forte intensité carbone. En produisant ici des biens et services dont l’empreinte en carbone est considérablement moins élevée qu’ailleurs, elles peuvent jouer un rôle clé au niveau de la réduction des émissions de GES à l’échelle planétaire.

Une stratégie portée par divers partenaires est toutefois nécessaire pour promouvoir efficacement cet avantage compétitif québécois, tout en veillant à améliorer la productivité énergétique de nos entreprises.

Plusieurs concurrents et voisins des entreprises du Québec amorcent, eux aussi, une décarbonisation de leurs activités. La position avantageuse des entreprises de la province est donc temporaire. Il faut saisir dès aujourd’hui les possibilités économiques que présente cet avantage comparatif en donnant un coup de pouce aux entreprises du Québec.

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