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Bilan

Bilan 2019 de
l’emploi au Québec
Des postes vacants :
de temporaires à permanents ?

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Entre 2015 et 2019, l’économie québécoise a créé au net plus de 280 000 emplois. Cinq ans de création d’emploi qui confirment un marché du travail influencé par une croissance économique vigoureuse mais aussi par un changement structurel dû au vieillissement de la population.

Pour mesurer ce facteur d’importance pour l’économie de la province, l’Institut du Québec (IDQ) publie chaque mois un indice qui vise à suivre l’évolution de la vigueur du marché du travail et de la qualité de l’emploi au Québec. Ces analyses, qui brossent un portrait des tendances du marché du travail, sont également mises à jour sur une base annuelle. La plupart des indices publiés en 2018 et en 2019 ont mis l’accent sur la vigueur exceptionnelle et la qualité en hausse du marché de l’emploi au Québec, ce qui s’est notamment traduit par une augmentation des postes vacants. Cette année encore, le bilan annuel de l’emploi de l’IDQ dresse un portrait très positif du marché du travail québécois :

Ainsi, ce sont 57 400 nouveaux emplois nets qui ont été créés dans la province au cours de 2019. Comme pour les années passées, ces nouveaux postes sont en grande majorité dans le secteur des services et il s’agit principalement d’emplois à temps plein.

D’autres constats sont dignes de mention :

• Bien que la population du Québec se soit accrue de 2,4 millions de personnes depuis 1976, le nombre de chômeurs y est, quant à lui, sensiblement le même qu’à cette période. Si bien, que pour une deuxième année consécutive, il est inférieur à celui de la moyenne canadienne.

• Autre constat : cette baisse du taux de chômage a entraîné dans son sillage le recul du taux de chômage des immigrants. Si bien que l’écart entre le taux de chômage des natifs et celui des nouveaux arrivants s’est à nouveau resserré en 2019. En matière d’intégration des immigrants, il reste toutefois encore du travail à accomplir, notamment en ce qui a trait à notre capacité à les intégrer plus rapidement sur le marché du travail.

• À l’échelle canadienne, la Colombie-Britannique (4,5 %) et le Québec (3,6 %) représentent les provinces qui affichent les taux de postes vacants les plus élevés au Canada. L'Île-du-Prince-Édouard et l'Ontario suivent de près, avec des taux de 3,4 % et 3,2 %, respectivement. Par ailleurs, c'est au Québec que la croissance annuelle du nombre de postes vacants s’est avérée la plus élevée au cours de la dernière année.

Ces phénomènes sont principalement attribuables à un resserrement du marché du travail. Cette nouvelle réalité devrait perdurer jusqu’à l’horizon 2030. Tous les indicateurs, particulièrement le nombre de postes vacants, font actuellement foi de cette transformation du marché de l’emploi.

Cette situation semble devenir la nouvelle norme du marché de l'emploi au Québec, avec les conséquences qui en découlent : remise en question de l'expansion de certaines entreprises, diminutions des services, difficultés de recrutement dans le secteur public, etc. La rareté de la main-d'oeuvre, à moins de revers économiques, est là pour rester.
Ainsi, dans le contexte d’un quasi plein emploi, la création d’emplois ne peut plus être la variable phare des politiques économiques du gouvernement du Québec. La création de valeur devient la mesure à privilégier. Cette mesure implique un investissement dans la qualité de la main-d’oeuvre (notamment par la formation) et son adéquation avec les besoins du marché du travail.

Une information de meilleure qualité sur les besoins du marché s’avère donc une première étape incontournable. Dans un précédent rapport,1 l’IDQ identifiait quelques groupes sous-représentés sur le marché de l’emploi : les femmes, les jeunes, les travailleurs expérimentés, les immigrants, les personnes vivant avec une incapacité et les peuples autochtones. Dans l’ensemble, des gains peuvent être encore réalisés – surtout en matière d’intégration des immigrants nouvellement arrivés et de rétention des travailleurs d’expérience – pour dynamiser le marché du travail et améliorer son inclusivité. Enfin, des investissements dans l’automatisation de nos entreprises jumelées à une main-d’oeuvre mieux qualifiée et éduquée devrait constituer le pilier ultime d’une politique économique appropriée.

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