L’emploi et la COVID-19 : Analyse et propositions pour relancer le marché du travail

La forte reprise de l’emploi au Québec après le choc de la pandémie ne permettra pas de pleinement rattraper, en 2021, le taux d’emploi de 2019. Il restera un écart important à combler pour retrouver un marché du travail en aussi bonne santé qu’avant la crise.

(rapport en pdf)

La pandémie a cependant affecté très inégalement les divers secteurs industriels. Certains n’ont pas été touchés, d’autres se sont rétablis rapidement. Le rapport analyse ces impacts en insistant sur les sept industries les plus touchées, qui comptaient pour 53 % des emplois, mais 84 % des pertes d’emplois : construction, fabrication, hébergement et restauration, commerce de gros et de détail, transport et entreposage, autres services ; et information, culture et loisirs. Une analyse par profession corrobore les constats de l’analyse par industrie.
La pandémie a également frappé de façon très inégale les différentes catégories de travailleurs. Le rapport analyse cet impact pour quatre groupes particulièrement touchés : les travailleurs bas salariés, les immigrants récents, les femmes, ainsi que les jeunes, qu’ils soient étudiants ou travailleurs. Cette analyse permet d’identifier des populations qui devront être ciblées par les mesures de relance.

Le rapport se concentre sur les mesures qui soutiennent la relance économique à travers des politiques de main-d’oeuvre. D’abord, de façon plus immédiate, des approches pour rééquilibrer le marché du travail en aidant les travailleurs affectés à retrouver un emploi dans les professions et les secteurs où il y a des disponibilités. Ensuite, à plus long terme, des mesures pour que les employeurs québécois puissent avoir accès à la main-d’oeuvre dont ils ont besoin et pour assurer une offre adéquate dans les professions pour lesquels il y a une demande.
Les défis à relever sont de trois ordres. Un défi temporel, pour concilier les délais naturels des processus de formation et d’adaptation de la main-d’oeuvre avec l’urgence de la situation. Un défi structurel, pour résoudre les problèmes de pénuries de main-d’oeuvre constatés avant la récession et qui ne se sont pas résorbés pendant la pandémie. Un défi social, pour prendre en compte la vulnérabilité des catégories de travailleurs les plus touchés.

Le rapport insiste sur les deux grands principes sur lesquels devraient reposer les politiques de main-d’oeuvre de soutien à la relance. D’abord la mobilité, la clé de voûte pour rééquilibrer le marché du travail; celle des travailleurs qui doivent s’adapter à de nouveaux défis, mais aussi celle des employeurs et des institutions pour favoriser et soutenir ces adaptations. Ensuite la souplesse, particulièrement dans la période de reprise actuelle, pour accélérer et faciliter l’adaptation et réduire les contraintes à la mobilité.

Le premier ensemble de mesures proposées cherche à améliorer l’équilibre du marché du travail, soit l’adéquation entre le bassin de travailleurs et les besoins du marché du travail. L’analyse des professions demandées montre toutefois que celles-ci, parce qu’elles exigent souvent des diplômes ou des certifications, sont difficilement accessibles pour plusieurs des travailleurs qui ont perdu leur emploi, souvent peu qualifiés, notamment dans les services, la restauration et l’hébergement. Cela ne doit toutefois pas amener à délaisser les efforts, qui sont essentiels pour combler les besoins pour ces professions demandées. Mais ces efforts de plus long terme ne permettront pas de résoudre les défis plus immédiats soulevés par la pandémie.

Le deuxième type de mesures porte sur les interventions pour réduire les contraintes au travail, notamment les effets pervers de la Prestation canadienne d’urgence (PCU) qui ont joué un rôle de désincitation au travail pour certains travailleurs faiblement rémunérés. Le troisième ensemble de mesures vise à réduire des pénuries de main-d’oeuvre prévisibles :
• dans la construction, où l’on peut prévoir d’importantes pressions avec l’accélération des travaux d’infrastructures, en assouplissant les mécanismes de reconnaissance des compétences;
• dans l’agriculture, où les politiques encourageant la réduction de la dépendance agroalimentaire aggravera les pénuries de main-d’oeuvre;
• dans le manufacturier, où les mises à pied dans des industries plus affectées risquent de réduire le bassin de main-d’oeuvre compétente et de compromettre la reprise.

Un quatrième type d’intervention consiste à accélérer les processus de formation pour à la fois offrir des débouchés à des travailleurs affectés par la pandémie et combler des besoins du marché du travail, en adoptant une démarche déjà appliquée par le gouvernement du Québec avec les préposés aux bénéficiaires dans les CHLSD. Par exemple, un programme de formation accélérée en enseignement pourrait être mis en place à l’intention des diplômés universitaires d’autres disciplines. Le rapport propose également cette approche pour combler les besoins et élargir les services de soins à domicile pour les personnes âgées.

Enfin, pour combler les besoins futurs en main-d’oeuvre, le rapport insiste sur des mesures visant à encourager la scolarisation, ainsi que la réorientation professionnelle vers des professions demandées. Il rappelle également que ces besoins ne pourront pas être comblés sans un recours à la main-d’oeuvre étrangère temporaire et à l’immigration.

 

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