Le Québec sobre en carbone : des débouchés pour les entreprises du Québec

Dans le premier rapport de l’IdQ sur l’économie sobre en carbone, deux tendances de fond étaient soulevées : une augmentation de la consommation électrique dans le monde et la mise en place de régimes de tarification de carbone dans plusieurs pays et régions du monde. Le Québec, grâce à son électricité produite en quasi-totalité de façon renouvelable et sobre en carbone est positionné avantageusement pour saisir les possibilités d’un marché international en expansion.

(Télécharger l’étude complète)

(Sommaire exécutif en anglais)

(Sommaire des deux études)

Plusieurs industries sont clairement bien placées pour profiter de cet avantage comparatif du Québec. Par exemple : l’industrie de l’aluminium, le secteur de la fabrication ou les centres de données. L’industrie québécoise de l’aluminium primaire dont la production est basée sur de l’énergie renouvelable, pourrait facilement se substituer à une partie de la production internationale moins sobre en carbone. Comparativement à la Chine, le Québec a un net avantage concurrentiel si l’empreinte carbone devient un élément important dans les décisions d’emplacement de la production. Grâce à l’automatisation, l’industrie manufacturière en Chine deviendra une consommatrice d’énergie de plus en plus gourmande. Les centres de données, les fintechs et les centres d’intelligence artificielle sont également de gros consommateurs d’électricité qui peuvent bénéficier de l’électricité propre du Québec.

Les outils existent pour soutenir les projets à caractère net positif, que ce soit au niveau financier grâce à l’émergence de la finance durable ou de programmes gouvernementaux financés par le Fonds vert. Il demeure qu’une stratégie concertée qui fait la promotion de l’avantage québécois est nécessaire. Cette stratégie doit se concentrer sur les industries qui ont un fort potentiel économique et qui misent sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, autant ici qu’ailleurs. Cette stratégie doit mettre de côté les discours qui opposent développement économique et  développement durable et servir de rampe de lancement pour les entreprises du Québec vers des marchés sobres en carbone en pleine expansion.

Il s’agit maintenant de saisir cet avantage et de l’utiliser comme levier économique. Pour ce faire, l’IdQ propose les actions suivantes :

Pour les entreprises :

  • Procéder à un inventaire rapide de l’avantage comparatif de leurs produits et services dans une perspective sobre en carbone ;
  • S’outiller pour comprendre l’impact de leurs activités au niveau des réductions des gaz à effet de serre au Québec ainsi que l’incidence nette positive de celles-ci au-delà des frontières géographiques de la province ;
  • Prioriser l’électrification des opérations et le sobre en carbone comme axes stratégiques de croissance, de pérennité et de compétitivité des entreprises, tout en reconnaissant que certains processus seront difficiles à transformer et exigeront des investissements majeurs qui auront besoin de soutien ; et
  • Cibler activement les entreprises internationales dans leur marché qui auraient avantage à réduire l’empreinte de leur production.

Pour le gouvernement :

  • Mettre sur pied ou accélérer une stratégie économique visant à assoir le Québec comme plaque tournante du savoir-faire sobre en carbone en Amérique du Nord et, ainsi promouvoir les entreprises québécoises et leurs produits et services auprès des chaînes de valeur et des investisseurs de l’économie sobre en carbone internationale ;
  • Inscrire cette stratégie dans les politiques et mesures existantes de la transition énergétique et de l’économie verte pour en faire une stratégie économique cohérente du sobre en carbone :
    • Modifier l’encadrement réglementaire pour permettre à la Régie
      de l’Énergie de prendre en compte la réduction des GES dans les
      paramètres qui mènent à leur décision ;
    • Viser une utilisation optimale des surplus énergétiques qui prend en compte les réductions de GES ;
    • Favoriser et accélérer la réalisation de vitrines technologiques pour les produits et services sobres en carbone démontrant un potentiel « net positif » à l’exportation ;
    • Prioriser les décisions d’investissement et d’approvisionnement en conséquence ;
    • Reconnaître et mettre de l’avant l’effet « net positif » des réductions de gaz à effet de serre obtenues à l’étranger grâce à l’énergie, aux produits et services québécois ;
    • Actualiser l’étude du gouvernement du Québec de 2014 sur l’empreinte carbone des produits et l’étendre à d’autres secteurs afin de donner aux entreprises une base crédible et solide sur laquelle elles pourront appuyer leurs prétentions « nettes positives » ;
    • Soutenir le démarchage axé sur les produits québécois sobres en carbone qui peuvent intégrer des chaînes de valeur internationales et le démarchage axé sur les nouveaux investissements en lien avec l’économie sobre en carbone qui peuvent être faits sur le territoire québécois ;
    • Soutenir de la recherche supplémentaire pour quantifier l’avantage comparatif québécois ;
    • Mettre en place des conditions visant le renforcement de l’écosystème du sobre en carbone, du capital de risque durable et du financement vert au Québec ; et
    • Offrir un appui aux entreprises pour l’électrification de certains procédés industriels à la hauteur de leurs efforts.

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